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3 janvier 2018 3 03 /01 /janvier /2018 18:18

« La beauté Bud Powell » - Jean-Baptiste FICHET
Ed. Bartllat 2017
204 p. 17€


Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître. Un inconnu des milieux avisés du jazz, débarquant de nulle part nous livre un premier livre en forme d’hommage au pianiste Bud Powell. Un chant d’amour devrait t-on dire. Pas un ouvrage érudit qui aurait la vocation d’ouvrage des sachants, assommants à force d’encyclopédisme. Plutôt un livre qui aurait des allures et des styles d’Alain gerber ou de Marc-Edouard Nabe. Une vraie forme littéraire pour parler du pianiste de génie qui n’aura connu pour l’heure que deux ouvrages en langue française : le célèbre «  Danse des Infidèles » de Françis Paudras et… celui-ci.
Pas question avec Jean-Baptiste Fichet de parcourir exhaustivement le parcours discographique de Bud Powell mais plutôt de nous faire comprendre, la beauté Bud Powell dans une sorte d’exploration fascinée par le personnage autant que par le musicien. Pour autant Jean-Baptiste Fichet ne se livre pas à une hagiographie insipide mais fouille dans les différents aspects de la personnalité du pianiste dans un (dé)ordre qui refuse toute logique chronologique linéaire.Très bien écrit, ce petit ouvrage digresse, imagine et extrapole tout en restant très fidèle à ses sources et à la vérité trouble du maitre du be-bop qui traverse livre tel un fantôme tourmenté.
Ne lui manque pourtant qu’une sélection discographique et peut être un crédit photo. Mais l’auteur nous livre pourtant des pistes, nous invite à la danse ( des infidèles), parvient à s’extraire des volumes bleutées qui enfumaient le superbe film de Bertrand Tavernier et vous invite à voir autrement le petit film qu’un réalisateur danois avait réalisé en 1963 sur le pianiste ( Stopforburd - Jørgen Leth -https://www.youtube.com/watch?v=WITCt7IHcEU). Le liens ne sont pas occultés. ceux qui unissent Bud Powell au maître Art Tatum et ses conviennes avec deux autres grands, Monk et le trop méconnu Elmo Hope.
En lisant ce livre, bien sur transparaît l’amour de l’auteur pour son sujet. Il est évident et touchant.
Il se pourrait bien alors être, au sujet de Bud Powell l’exact pendant du fameux livre que Laurent Dewilde avait consacré à son compère, Thélonious Monk. Ce qui n’est pas peu dire.
Jean-Marc Gelin

 

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commentaires

M
C'est par cet article que je prends connaissance de la publication de ce livre qui semble très prometteur.
Je vais le rechercher en librairie.
Je ne connais qu'un livre édité chez Bartillat, le travail d'édition en est exemplaire.
Si ce nouveau livre présente les mêmes qualités, on peut lui souhaiter d'avoir de nombreux lecteurs.
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