Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 21:57
Yuval Amihai, Laura Perrudin : les rebonds du tremplin !Yuval Amihai, Laura Perrudin : les rebonds du tremplin !

Coup sur coup, deux anciens lauréats du tremplin Jazz du festival de Saint Germain, dont la dernière édition vient de s'achever, sortent leur premier album.

Deux histoire de cordes : celle du guitariste israélien Yuval Amihai et celle de la harpiste Laura Perrudin.

Deux superbes réussites sous les auspices de l'Autre Distribution et sous le charme desquelles on tombe avec délice.

YUVAL AMIHAI Trio : « Longing »

Yuval Amihai (g), Damien Varaillon (cb), Gautier Garrigue (dms)

Yuval Amihai est certainement un inconnu pour la plupart d’entre vous. Mais pas pour le microcosme du jazz Parisien où il commence, petit à petit à se faire un nom. Remarqué il y a deux ans lors du tremplin de Saint Germain, ce jeune guitariste israélien vivant à Paris ne se démarque pas d’une ligne artistique qu’il assume jusqu’au bout. On se souvient de cette édition du tremplin où, selectionné pour revenir en final le lendemain, le garçon avait été le seul à avoir consacré sa nuit entière à écrire un tout nouveau morceau pour venir nous le présenter. Chapeau l’artiste !

Yuval sera donc pour beaucoup la découverte d'un guitariste d’une rare élégance. Un de ceux qui, à l’instar d’un Fréderic Loiseau de ce côté-ci de l’hexagone, a la mélodie chantante au bout des doigts et de ses six cordes. Ce n’est pas pour rien qu’il se lance, sans crainte et avec un amour débordant à la rencontre de grands standards comme Skylark, Lover man, without a song ou encore My romance dont il magnifie chaque fois les superbes mélodies.

Yuval Amihai est le guitariste de l’apparente simplicité et surtout de la sensibilité et de l'élégance. Il fait ainsi chanter sa guitare, allant chercher dans ses impros des détours harmoniques assez subtils. Car il est zen Yuval, totalement et magnifiquement zen ! Il a même des accents de bluesman à la Scofield dans Forrest forgive them qui sonne très US. en tous cas une composition absolument magnifique. On pense bien sûr à cette grâce du temps retrouvé que l’on entendait chez Jim hall dont il doit certainement assumer une part de filiation. Ce temps qu’il laisse au temps, sans précipitation aucune.

Le trio qu’il a réuni témoigne d’une très grande écoute où chacun joue dans le plus doux du mezzo. Où le velours des notes de Yuval repose sur un lit de satin d’un drumming souple et d’une contrebasse moelleuse.

Totalement délicieux !

On souhaite à Yuval que son chemin de Tel Aviv à Paris se poursuive comme celui de son déjà illustre aîné, Yaron Herman.

Jean-Marc Gelin

Laura Perrudin : « Impressions »

Chromatic harp, vocals, percussions & electronics / programming by Laura Perrudin

Distribué par l'Autre Distribution

Laura Perrudin est une jeune femme de grand talent qui ne cesse de multiplier les récompenses . Jugez en plutôt : lauréat du tremplin national Jazz à Vannes 2013, prix de composition au Concours national de Jazz de la Défense 2013 à Paris, 2e prix de la Montreux Jazz Voice Competition 2014, prix d'aide à la professionnalisation au tremplin du festival Jazz à St-Germain-des-Prés 2014 à Paris. Excusez du peu.

Il faut dire que cette jeune harpiste a tout pour elle et en premier lieu le sens d’une écriture remarquable à laquelle elle allie la voix évanescente et la sensualité des chanteuses modernes. On pense à Joni Mitchell ou à Gretchen Parlato. Référence d’autant plus pertinente qu’elle avoue son penchant prononcé pour l’écriture de Wayne Shorter dont on sait proche la chanteuse américaine. Parfois même à Jeanne Added aussi. C’est qu'il y a, comme chez ces chanteuses la grâce et de la poésie des arrangements superbes qui lui permet de déambuler entre les harmonies et les dissonances qui frottent, avec l’agilité d’un chat passant de toit en toit. Comme si ce numéro d’équilibriste de l’harmonie lui était aussi naturel que pour nous, de marcher. Seule avec sa harpe chromatique électrique, Laura Perrudin explore les sonorités, semble se délecter à s’y perdre. S’y fait candide. Et c’est là que l’instrumentation se porte au service d'un discours d’une extrême richesse musicale et d’une très grande douceur.

Car Laura Perrudin qui a notamment travaillé avec la chanteuse Leila Martial a, comme sa jeune aînée ( mais en explorant d’auyres voix), le don de se créer un véritable univers dans une sorte de lévitation à peine perturbée par de délicates interférences dans le son qu’elle gère comme autant de petites incongruités sonores qu’elle crée et qui apparaissent comme par la magie d’une fée. Celle de brocéliande s’entrevoit dans l’imaginaire de cette jeune bretonne.

Nous sommes véritablement, comme il y a deux ans au Sunside, tombés sous le charme de Laura Perrudin.

Pas la peine de vous souvenir de son nom. Vous n’avez pas fini d’en entendre parler.

Jean-Marc Gelin

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Marc Gelin - dans Chroniques CD
commenter cet article

commentaires

  • : les dernières nouvelles du jazz
  • les dernières nouvelles du jazz
  • : actualité du jazz, chroniques des sorties du mois, interviews, portraits, livres, dvds, cds... L'essentiel du jazz actuel est sur les DNJ.
  • Contact

Les Dernières Nouvelles du Jazz

Chercher Dans Les Dnj

Recevoir les dnj