Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 06:57
Eddy Louiss, musicien muticolore

Par Jean-Louis Lemarchand

Il avait intitulé l’un de ses groupes les plus ambitieux et pas seulement par son gigantisme-50 interprètes, professionnels et amateurs- Multicolor Feeling. Une définition en forme d’auto-portrait. Décédé à Poitiers le 30 juin à 74 ans, Eddy Louiss était bien un musicien polymorphe, sans œillères, qui se sentait aussi à l’aise dans le be-bop que dans les airs des Caraïbes de sa famille –son père, Pierre Louise, trompettiste, était originaire de Martinique- ou les mélodies africaines.

Cet éclectisme, Eddy Louiss l’a aussi manifesté tout au long d’une carrière débutée à l’adolescence en partageant son activité entre le jazz, sa véritable culture, et la chanson qu’il servit treize ans, à son instrument de prédilection, l’orgue, dans la formation de Claude Nougaro (rappelons le nom de quelques-uns des jazzmen employés par le « petit taureau toulousain », Lubat, Romano, Vander, Gaudry, Portal, Galliano….) . C’est d’ailleurs en chantant que le jeune Eddy fit ses grands débuts discographiques dans le groupe vocal Les Double Six en 1959-60 où il prend les solos de saxophone ténor de Bob Cooper (Sweets) et Bill Holman (Fascinating Rhythm).

Formidable d’énergie et de lyrisme, Eddy Louiss avait séduit Stan Getz qui l’engage au début des années 70 avec Bernard Lubat (batterie) et René Thomas (guitare). Ce sont ces mêmes qualités qui incitèrent le producteur Francis Dreyfus deux décennies plus tard à l’enregistrer en duo avec Michel Petrucciani (Conférence de Presse 1 et 2. 1994, 1995), qui s’avère un gros succès commercial. Il n’était pas moins brillant au sein du trio HLP formé en 1966 avec Jean-Luc Ponty (violon) et Daniel Humair (batterie) reconstitué en 2012 au Théâtre du Chatelet pour un des derniers concerts parisiens de l’organiste. Affaibli par une maladie qui l’avait privé de l’usage de ses jambes, Eddy Louiss avait du en effet réduire sérieusement son activité

Restera de ce musicien gargantuesque une discographie pleine de fougue et de lyrisme et le souvenir d’un artiste engagé qui participait ainsi à la Fête de l’Humanité en 1985 à un concert de soutien à Nelson Mandela aux côtés d’autres éminents témoins de la liberté d’expression musicale, Bernard Lubat et Max Roach.

.

Discographie sélective : Les Double Six (1961), So What (1967), Dynasty (1971), Multicolor Feeling Fanfare (1988-89), Conférence de Presse (1994-95), Louissiana (1995), O Toulouse (2004), Taurorque (2010).

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Louis Lemarchand - dans Evènements
commenter cet article

commentaires

  • : les dernières nouvelles du jazz
  • les dernières nouvelles du jazz
  • : actualité du jazz, chroniques des sorties du mois, interviews, portraits, livres, dvds, cds... L'essentiel du jazz actuel est sur les DNJ.
  • Contact

Les Dernières Nouvelles du Jazz

Chercher Dans Les Dnj

Recevoir les dnj