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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 08:25
CECILE MC LORIN SALVANT : «  For one to love »

Mack Avenue / Hamonia Mundi

Cécile McLorin Salvant (voix) - Aaron Diehl (piano) - Paul Sikivie (contrebasse) - Lawrence Leathers (batterie) - Vincent Peirani (accordéon)

Nouvel album de Cecile Mc Lorin. Véritable choc !

Ceux qui ne connaissaient pas la jeune chanteuse franco-haïtienne, ex-lauréate du prestigieux concours Thélonious Monk, ne resteront pas longtemps dans l’ignorance, on peut vous l’assurer. Car, tenez-le vous pour dit, Cécile Mc Lorin est ce qui nous arrive de mieux dans le paysage du jazz vocal depuis bien longtemps.

Quelle chanteuse !

Dans cet album très personnel qui exhale à chaque chanson l’essence et les racines du jazz, il y a une formidable et audacieuse liberté où elle livre beaucoup d’elle-même.

Cette liberté, elle se l’accorde en premier lieu en nous livrant cinq sublimes compositions personnelles. Il faut entendre ce Look at me poignant, à la musique et aux paroles sublimes ou encore Monday. On les croirait tous sortis du real book. Moment d’intimité partagé avec la chanteuse. De proximité.

Mais il n’ y a pas que cette mise à nue. Il y a aussi cette liberté du chant incroyable où Cécile Mc Lorin se livre toute entière, sans réserve et sans calcul. Car avec Cécile Mc Lorin il n’est pas seulement question de chanter, il est question d’interpréter, de se muer en diseuse d’histoires.

Artiste totale.

Engagement corps et âme où toute la gamme des expressions humaines passe par sa voix. A la fois joueuse, cajoleuse, railleuse ou gouailleuse, Cécile Mc Lorin Salvant est devant nous la pièce maîtresse d’une comédie musicale faite de jazz et de blues.

Elle y proclame son amour sans limites pour cet art de la scène, se fait elle-même comédienne avec beaucoup d’humour comme sur ce Stepsister’s Lament de Rodger's et Hammerstein (« Cinderella ») ou encore dans Trolley Song immortalisé par Judy Garland (tiré du film « Meet me in Saint Louis ») et ici magnifié par une rythmique exceptionnelle. On se pince, on croit à la réincarnation, cette fois de Sarah Vaughan. Parfois enfantine ( « Woman Child était le titre de son premier album), Cécile nous émeut aux larmes ou à la joie. Chacune de ses chansons parle d’elle-même. Son interprétation de Barbara nous bouleverse. Celle très simple et efficace de Burt Bacharach frémit de soul.

Son chant, on l’entend, on le sent, on le ressent, il vient du fond des tripes. Il brûle et se consume à la manière d’une Bessie Smith réincarnée dans un rade de la Nouvelle Orléans (comme ce Growin dan totalement incandescent et sexuel ou encore sur ce What’s the matter now chanté jadis par la reine du Blues ).

Se murmure dans un chant d’amour déçu.

Donne beaucoup d’elle-même avec une sincérité touchante et parfois même d’autodérision émouvante.

Et pour faire un grand album de jazz, il faut de bons musiciens, il faut un groupe. Cécile Mc Lorin Salvant s’accompagne ici de ses musiciens habituels avec lesquels elle a l’habitude de tourner. À la légèreté délicate d’un Aaron Dhiel s’ajoute la profondeur sensuelle de Paul Sikivie et le drive très subtil de Lawrence leathers.

« For One to Love » est le 3ème album de la chanteuse. Le plus personnel. Le plus intime.

Il dit en musique la comédie de l’amour. Sa tragédie aussi.

Jean-Marc Gelin

NB : album très personnel où Cécile va jusqu’à signer elle-même la pochette en rouge et noir.

Cecile Mc Lorin Salvant sera au Festival Jazz à la Villette le samedi 5 septembre à 21h30. A ne manquer sous aucun prétexte.

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Published by Jean-Marc Gelin - dans Chroniques CD
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