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21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 09:54
PIERRE CHRISTOPHE QUARTET « Valparaiso »

Olivier Zanot (saxophone alto), Pierre Christophe (piano), Raphaël Dever (contrebasse) & Mourad Benhammou (batterie). Enr. le 14 septembre 2014.

Black & Blue BB 803.2 / Socadisc

http://www.microscopie.fr/pierrechristophe/pages/accueil.htm

On aurait tort de circonscrire Pierre Christophe à sa passion pour Jaki Byard, dont il fut l'élève à New York (et auquel il consacra trois CD), ou à son goût précoce pour Erroll Garner. Jaki Byard lui a légué une ouverture d'esprit qui embrasse tous les territoires du jazz, de Fats Waller à Sam Rivers, en passant par Bud Powell, Eric Dolphy, Mingus ou Ellington.... Avec ce quartette très consonnant, où la mélodie fait en permanence valoir ses droits, on pense à Art Pepper, ou Paul Desmond chez Brubeck, à cause du saxophoniste Olivier Zanot, dont la sonorité délicate éclaire ce projet musical. Il faut se rappeler que Pierre Christophe, qui a travaillé ses classiques à la Manhattan School of Music de New York, est un fin connaisseur de l'idiome, et il a fait partager son enthousiasme et sa compétence aux auditeurs de France Musique en participant à plusieurs reprises au « Matin des musiciens jazz » d'Arnaud Merlin, programme hélas passé à la trappe dans les bouleversements de juillet 2014. On peut encore réécouter sur la toile l'émission où Pierre Christophe faisait partager sa connaissance de Dave Brubeck :

http://www.francemusique.fr/emission/le-matin-des-musiciens-du-mardi/2012-2013/dave-brubeck-avec-pierre-christophe-05-07-2013-00-00

Et c'est un peu vers Brubeck que nous entraîne ce disque de Pierre Christophe : atmosphère assez cool, mais avec intensité de la pulsation ; soigneuse élaboration harmonique et variété des rythmes choisis. L'histoire parle au fil des plages, avec Fats Meets Erroll, ou encore la segmentation façon bebop de l'exposé de Grumpy Old Folks, hymne aux pépés grognons. Et dans le solo de piano de Relaxin'at Battery Park (un parc à la pointe sud de Manhattan, où il fait bon flâner), j'entends comme un écho d'un des solos de Jaki Byard dans The Black Saint and the Sinner Lady de Charles Mingus : phantasme d'amateur fanatisé ? Illusion sonore ? Peu importe.... Ce disque fait voyager dans le jazz, dans l'amour du jazz, et c'est un plaisir (rare ?) qui ne se refuse pas !

Xavier Prévost

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