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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 07:04
Vincent Courtois : " WEST "

Label La Buissonne/ Harmonia Mundi

www.labuissonne.com

www.LACOMPAGNIEDELIMPREVU.com

www.vincentcourtois.com

https://www.youtube.com/watch?v=SZk_SijXtQw

Une musique fraîche et enthousiaste, grave et introspective pour un musicien établi qui continue à chercher, pour qui la chose qui compte encore avant tout est le plaisir de jouer ensemble, de se surprendre et nous surprendre, de ne pas se reposer sur ses lauriers. Le violoncelliste Vincent Courtois sait valoriser l’apport des musiciens qu’il a choisis, deux excellents saxophonistes ténor, combinaison inédite d'instruments du milieu, proches du registre du violoncelle. Comment arrivent ils à s’ajuster et se répartir les rôles? Cela semble aller de soi, tant ces deux musiciens Robin Fincker et Daniel Erdmann jouent avec une pertinence élégante, se répartissant les rôles avec une rapidité confondante, en bonne intelligence. Le quatrième larron est le formidable pianiste Benjamin Moussay (sur 5 des onze titres) dont la folie inventive s’accorde à merveille à tous ces « jouets » musicaux, variations du piano, du toy piano au célesta ou au clavecin. Quant à Vincent Courtois, il peut, je le répète, tout obtenir de son violoncelle, le transformer en guitare, violon, lui faire pleurer le blues, ou le rendre à sa dignité classique à l’archet. Electrifié, il sonne autrement et donne des effets plastiquement sonores fascinants.

Une façon pour le groupe de jouer avec la spontanéité, tout en enfonçant le clou d’une certaine sophistication, n’omettant jamais la préméditation de ce projet baroque et foisonnant où distorsions électriques, envolées pop rock, jazz et classique se jouent dans l’instant. Ce nouvel album évoque le "Go West Young Man", une nouvelle frontière à atteindre?, un départ vers l’inconnu, et montre, en un écho brillant et évident, une réelle continuité avec le précédent Mediums en trio (les mêmes saxophonistes sur le même label). Il y est par exemple question de ces êtres monstrueux des baraques foraines, ces « Freaks » en hommage au film muet en noir et blanc de Tod Browning, dont la plainte intérieure nous est perceptible par le velouté tendrement moelleux des saxophonistes. Parfaite bande originale du film qui se joue dans nos oreilles si l’on se prête au courant de la narration. Et que dire de «West», le titre éponyme de l’album qui vous emporte dans une boucle obsédante? Poursuivant la beauté pleinement féconde de ses projets qui trament une toile de vie, Vincent Courtois a déjà d’autres idées à défendre, avec cette formation qu’il affectionne, sur les «Bandes Originales» de films, justement. En attendant, voilà un cadeau pour les fans, qui continueront ainsi à le suivre avec délectation comme moi cet été à Cluny et une entrée pour ceux qui étaient peut-être restés en retrait jusque là.

Sophie Chambon

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Published by Sophie Chambon - dans Chroniques CD
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