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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 15:58
BARRY ALTSCHUL'S 3dom Factor « Tales of the Unforeseen »

Barry Altschul (batterie, percussions), Jon Irabagon (saxophones ténor, soprano & sopranino ; flûte), Joe Fonda (contrebasse). New York, 11 & 12 février 2014

TUM Records TUM CD 044 / Orkhêstra

http://www.tumrecords.com/044-tales-of-the-unforeseen

Dès les premières mesures il est patent que nous sommes en présence de ce que le regretté Jean-Pierre Moussaron appelait du « jazz vif » : une pédale de ré, obstinément scandée par la contrebasse, mais avec des incartades propres à toute vitalité ; la batterie profuse, qui lance la direction de tous les possibles ; et le saxophone ténor, qui exacerbe l'expressivité au point que l'on a quitté l'expressionnisme pour quelque chose qui pourrait s'appeler l'expressivisme (revendication de l'expressivité plus que de l'expression). Vient ensuite un dialogue croisé, cursif, qui nous plonge plus profond encore dans le souvenir de grands trios de même instrumentation (tiens... au hasard.... le trio de Sam Rivers, avec Dave Holland, et justement Barry Altschul à la batterie!). Dans les notes de livret le batteur évoque la genèse de ce disque : après une tournée, une pause en studio, pour jouer librement, sans contrainte (le trio est livré à cet imprévu que suggère unforeseen). Et l'enchaînement de ces improvisations raconte une histoire, une succession de contes improvisés où deux reprises (Thelonious Monk, Annette Peacock) s'insèrent comme par enchantement. À l'issue d'une première improvisation de quelque 26 minutes, le trio croise Ask Me Now, dont il donne une version largement commentée d'escapades libertaires. Et l'histoire se poursuit avec une autre improvisation sans forme préméditée qui débouchera très naturellement sur une composition d'Annette Peacock (Barry Altschul a enregistré naguère avec elle, et a joué sa musique en compagnie de Paul Bley et Gary Peacock). Et après une courte pièce en solo du batteur, le disque se conclut par une dernière improvisation collective, où Jon Irabagon prend la flûte, puis le ténor. C'est intense, subtil, ouvert, vivant, parfois violent, toujours inspiré. Bref une totale réussite dans le registre du jazz toujours déjà libéré....

Xavier Prévost

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Published by Xavier Prévost - dans Chroniques CD
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