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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 08:11
DAVID KRAKAUER : «  The big picture »
DAVID KRAKAUER : «  The big picture »

Label Bleu 2015

David Krakauer (cl, Clb), Jenny Scheiman (vl), Adam Rogers (g), Rob Burger (p, céleste, hammond, accdn, vibes), Greg Cohen (cb), Nicki Parrott (b), Sheryl bailey (g), Keepalive (loops), Jim Black (dms, perc)

Lorsque nous l’avions rencontré il y a deux ans, David Krakauer nous avait parlé de cet album qui semblait lui tenir tant à cœur.

Il nous expliquait alors qu’il s'agirait pour lui de poursuivre son travail de mémoire et de continuer à explorer autrement sa propre identité juive, son propre patrimoine en s’intéressant aux œuvres cinématographiques qui l’ont marqué non seulement pour ce qu’elles étaient mais aussi pour les musiques sublimes qui les accompagnaient. Dans son propre panthéon du 7ème art, il y a Bob Fosse ( Cabaret, Lenny), Woody Allen (Midnight’s Paris, Love and death, Radio’s days), Roman Polanski (The pianist), Roberto Benigni (La vie est belle), ou encore Mel Brooks ( The producers) et Alan J. Pakula ( Le choix de Sophie).

Krakauer l’explique : « The Big picture est un projet particulier. C’est un voyage à travers l’histoire juive et une exploration sur la façon dont les films nous montrent l’universalité de nos quêtes individuelles »

Et là, à partir de ce matériau qui l’inspire, David Krakauer donne une vie nouvelle à ces thèmes magnifiques dans une pure démarche d’appropriation. Et c’est magique !

Totalement émancipé de ce qui nous agaçait un peu chez lui, de ses côtés virtuoses de bar-mitsva, David Krakauer met dans chacune des notes qu’il souffle ici, un supplément de vie. Anime les mélodies. Les anime d’un groove irrésistible. Les anime d’une passion chauffée à blanc ou d’une émotion rare. Il faut entendre sa version renversante de Body and soul pour toucher du doigt l’immense clarinettiste qu’est David Krakauer. Des thèmes comme celui de La Vie est Belle, prennent ici une nouvelle dimension où la musique de Nicola Piovani renaît dans un moment de grâce. Il faut entendre aussi la force du discours du clarinettiste sur un thème de son idole, Bechet (Si tu vois ma mère) reprise ici sous le groove puissant de sa fidèle bassiste, Nicki Parrott. Qui d’autre que Kakrauer pour comprendre au plus près la puissance de Bechet . Ou encore sur Keep it gay dont la musique est elle-même signée de Mel Brooks et sur laquelle le clarinettiste impressionne par l’énergie qu’il dégage.

Et puis Krakeur,entouré de musiciens exceptionnels n’oublie pas que le jazz vient aussi de la danse. Anime ces thèmes pour les faire exploser dans une joie festive et délirante jusqu’à un final de feu ( un Tradition tiré de Fidder on the roof) dans une version funky où la tenue de ses aigus explose en final orgasmique.

Dans les commentaires du dossier de presse David Krakauer rajoute « je veux que cette expérience soit une opportunité accessible à tous. J’ai le privilège d’être le guide pour ce voyage incroyable ».

Parce que ce qu’il dit est universel et moderne, dans les rires ou les larmes, par la façon dont il élève son art à des points culminants et parce qu’il rend la musique à tous dans un grand moment de délectation collective, « The Big Picture » est assurément un très grand disque de jazz.

Jean-Marc Gelin

NB : ce projet est destiné à être accompagné de la diffusion sur écran du travail de l’un des studio graphique mythique de New-York, Light of day ( cf. les vidéos ci-dessous)

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Published by Dernières Nouvelles du Jazz
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