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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 15:36
D' JAZZ NEVERS FESTIVAL : PLEIN SOLEIL !

DAUNIK LAZRO / JEAN-LUC CAPPOZZO / DIDIER LASSERRE

Daunik Lazro (saxophones ténor & baryton), Jean-Luc Cappozzo (trompette, bugle, flûte harmonique serbe), Didier Lasserre (batterie)

Nevers, PAC des Ouches, 12 novembre 2015, 12h15

Cela fait plus de 25 ans que je fréquente assidûment le festival de Nevers, et c'est habituellement le lieu des premiers frimas, des premières gelées blanches et des premiers pare-brise à dégivrer. Cette année, débarquant après 4 heures de route, in extremis et à midi, pour le concert de 12h15, je vois pour la première fois en cette saison le majestueux Palais Ducal en plein soleil ; et au fond de la place, l'adorable théâtre à l'Italienne, où j'ai tant de grands souvenirs et qui, fermé de longtemps, attend impatiemment une improbable rénovation.

Je file en contrebas au PAC des Ouches, pour un concert d'improvisation par trois maîtres de genre. Daunik Lazro choisit de commencer dans le velouté du sax ténor, tandis que Jean-Luc Cappozzo, à la trompette puis au bugle, habille l'espace de timbres mystérieux. La batterie de Didier Lasserre s'aventure vers des terres où les rythmes et les sons tendent à se fondre, et même à se confondre, dans un geste collectif. Puis, dans une deuxième séquence le baryton et la trompette composent dans l'instant un contrepoint hétérodoxe. La batterie s'aventure, comme en suspens, avant de déclencher sa furia. Vient la flûte harmonique, étrangeté sonore en soi, à laquelle le baryton répond, en harmoniques itou, tandis que la batterie fait crisser ses cymbales. Pour chacun le son est déjà une phrase, et presque une forme, si tant est que la question de la forme, même rétrospective, soit le premier souci de l'improvisation libre. Nous sommes en présence de ces musiques qui jaillissent de l'instant, mais dont on sait bien qu'elles ne surgissent pas du néant : ces musiciens sont des faiseurs de miracles, sur le fil de l'incertitude qui devient pourtant évidence. Vient ensuite une troisième séquence où le ténor va cheminer de la douceur au cri, en dialogue avec les deux autres instruments, jusqu'au paroxysme final ; fin provisoire, puisqu'en rappel une sorte d'hymne sacré, dont les premières notes rappellent My Funny Valentine, va nous conduire vers le souvenir d'un extrême recueillement, celui d'Alabama, de John Coltrane. Toute parole, alors, devient superflue....

Xavier Prévost

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Published by Xavier Prévost - dans Compte-rendus de concerts
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