Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 21:54
FIDEL FOURNEYRON « High Fidelity »

Fidel Fourneyron (trombone solo)

Germigny l'Exempt, 30 juin-2 juillet 2015

Umlaut UMCDFR 14 / http://www.umlautrecords.com

Fidel Fourneyron est infiniment représentatif de la génération de musiciens à laquelle il appartient (celle des jeunes trentenaires) : absolue polyvalence, extraordinaire ouverture d'esprit, extrême exigence musicale, et ce en toute simplicité. Depuis l'époque où, encore étudiant au département de jazz du CNSM de Paris, il m'épatait en compagnie de ses compères en proximité pyrénéenne (Paul Lay & Benjamin Dousteyssier) dans le très tristanien trio « Into The Lines », je n'ai pas cessé de l'écouter avec le plus grand plaisir. Membre de plusieurs collectifs (un signe générationnel), il participe à de grandes formations qui semblent diamétralement opposées : Radiation 10, « Tower Bridge » de Marc Ducret, « White Desert » d'Ève Risser, Surnatural Orchestra, Ping Machine, L'O.N.J. d'Olivier Benoit d'une part, et d'autre part le Duke Orchestra de Laurent Mignard, ou cette improbable phalange de modernistes forcenés (re)jouant la tradition : l'Umlaut Orchestra. Mais Fidel Fourneyron s'engage aussi dans de petites unités qui font bouger les repères esthétiques, comme Papanosh,où il fut invité, et Un Poco Loco. Quoi de plus naturel donc que, parcourant toutes les étapes du possible, il aboutisse au solo intégral, ce qui au trombone n'est pas un mince gageure, et présente quelques précédents très stimulants (Albert Mangelsdorff, Yves Robert....). Pari gagné, dès l'abord, pour cet instrumentiste curieux de tout, que l'on peut goûter en impeccable soliste dans un big band de facture classique, autant qu'en improvisateur libre de toute entrave dans l'émission « À l'improviste » d'Anne Montaron sur France Musique. Les figures imposées (sons multiphoniques, sourdine hyper expressive, modes de jeu hétérodoxes) tout est là ; avec en guise de surcroît une série de variations très libres sur le blues Mais l'essentiel est ailleurs, dans l'élaboration minutieuse d'un vocabulaire qui finit par sécréter sa grammaire propre, et un langage spécifique. Je sais, des esprits éclairés, et parfois brillants, ont entrepris de démontrer (et parfois même on prétendu l'avoir fait) que la musique n'est pas un langage. Mais je maintiens cette analogie, car elle me semble, dans le cas de Fidel Fourneyron, et de ce disque en solo, opérante, et pertinente. Une voix singulière nous parle : tendons l'oreille !

Xavier Prévost

Partager cet article

Repost 0
Published by Xavier Prévost - dans Chroniques CD
commenter cet article

commentaires