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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 09:05
HANS LÜDEMANN « Das reale Klavier, ein Kölner Konzert »

Hans Lüdemann (piano acoustique & piano numérique, en solo)

Cologne, 16 mai 2013 & Düsseldorf, 26 octobre 2013

Budapest Music Center BMC 219 / UVM distribution

J'ai abordé ce CD avec un vif intérêt, car depuis trois décennies je m'intéresse au traitement électronique et numérique du son des instruments, et en particulier du piano. À l'écoute de ce disque, dont le discours d'escorte déploie de copieuses réflexions sur le « vrai piano » et le « piano virtuel » (échantillonné numériquement), j'avais donc de fortes attentes, d'autant que le propos s'étendait à la perception que l'on peut avoir d'un piano acoustique par le truchement de l'enregistrement numérique. Le CD se conclut par une plage purement acoustique, réalisée au centre Steinway de Düsseldorf, pour une courte pièce lyrique commandée par la célèbre marque de pianos. Tout ce qui précède est la captation d'un concert au Loft, salle de concert (également studio d'enregistrement) de Cologne, et le pianiste utilise un piano de concert et un piano « virtuel » (à échantillonnage numérique). Acoustique d'abord, pour la première pièce, le disque évolue à la seconde plage vers le piano virtuel, avec des inflexions micro-tonales qui paraissent bien pauvres et convenues eu égard aux promesses du discours d'accompagnement. Vient ensuite un moment de piano préparé par les moyens classiques de contacts directs de la main ou d'objets sur les cordes, et là encore on reste sur sa faim si l'on a en mémoire ce que font bien des pianistes-improvisateurs (de jazz ou pas) depuis pas mal d'années. Et après avoir entendu des choses qui rappellent un certain concert à Cologne d'un autre pianiste, on glisse vers une plage, acoustique, où rôde un peu du souvenir d'Abdullah Ibrahim, quand il s'appelait encore Dollar Brand. Vient ensuite Ankunft (l'arrivée), où le piano virtuel produit des effets moins rudimentaires qu'auparavant. Ma mémoire me dit cependant que le piano de Joachim Kühn, traité en temps réel par l'ingénieur du son Walter Quintus en 1988 (CD « Dark », Ambiance AMB 1, musique conçue pour un ballet de Carolyn Carlson), offrait plus de surprises, et ouvrait plus d'espace vers la création d'inouï. Une rapide vérification par l'écoute de ce disque un peu ancien confirma mon impression. Reste qu'il y a dans le disque de Hans Lüdemann de belles plages de piano solo, où l'aisance inspirée de l'improvisateur convainc plus que l'ambition du compositeur, même si le projet explicite est d'abolir la frontière entre le prémédité et le spontané. La dernière pièce du concert (et la pénultième du disque) nous réconcilie cependant avec l'improvisateur et le jazzman. Cela dit Hans Lüdemann demeure un pianiste de premier plan : à ce disque, on pourra préférer, parmi d'autres « Die Kunst des Trios 1-5 » (BMC Records).

Xavier Prévost

Vidéo de studio piano acoustique/piano numérique

https://www.youtube.com/watch?v=IhjnsDzDab8

Texte d'accompagnement en Anglais sur le site de BMC Records

http://bmcrecords.hu/pages/frameset/langchange_en.php?kod=219

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Published by Xavier Prévost - dans Chroniques CD
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