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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 19:39
Jazz From America on disques Vogue : Entretien avec Daniel Richard

Coup de projecteur sur la production 1951-56

Les lecteurs des DNJ ont déjà pris connaissance de la sortie du coffret Jazz from America on Disques Vogue (chez Sony Music) qui présente en 20 CD 41 albums originaux diffusés par le mythique label français entre 1951 et 1956. « Un panorama qui impressionne par sa qualité », écrivait Jean-Marc Gélin.

Co-réalisateur du coffret avec François Lê Xuân, Daniel Richard nous en dit plus sur la genèse de cette œuvre patrimoniale qui doit figurer dans la discothèque de tout amateur de jazz digne de ce nom.

Les DNJ : Pourquoi avoir retenu cette courte période ?

Daniel Richard : Nous avons souhaité démontrer la diversité de la production de Vogue dans cette période de six ans. Les trois patrons de Vogue, label fondé en 1947, Léon Cabat, Charles Delaunay et Albert Ferreri sont des collectionneurs qui adorent tous les jazz et le démontrent en « passant à l’acte ».On retrouve aussi bien du blues, du gospel, du be-bop, du boogie-woogie, du New Orleans revival, du cool et même l’avant-garde avec ce trio de Red Norvo où figurent Charles Mingus et Tal Farlow.

-En quoi cette période est déterminante dans l’histoire du jazz enregistré ?

-On se trouve à une époque où apparaît un nouveau support, le microsillon- le premier 25 cm date de 1948- et où les 78 tours sont toujours disponibles, ils disparaîtront en 1958. Vogue va sortir en France des albums publiés aux Etats-Unis en piochant dans les labels indépendants (Aladdin, Commodore, Dial, Fantasy, Blue Note….) et en apportant sa propre touche graphique avec des pochettes dessinées signées Pierre Merlin, surtout, mais aussi Michel David, Pierre Noury ou même Charles Delaunay pour un album de Sidney Bechet. Les albums qui sortent en France chez Vogue sont aussi bien des disques d’actualité chaude tout juste sortis aux Etats-Unis –un Chet Baker dans les bacs à New York en juillet 1953 disponible en septembre à Paris chez Vogue- que des 78 tours repris sous microsillon comme des Jelly Roll Morton ou des Tatum.

-Quels furent les grands succès parmi ces disques ?

-Le premier album publié par Vogue et consacré à Sidney Bechet a été bien accueilli. Le disque de Mahalia Jackson, des sessions de 1947 à 1950 publiées originellement sous le label américain Apollo, a fait un tabac. Vogue a aussi été le premier label à publier en France le bluesman John Lee Hooker. Mais l’objectif des patrons de Vogue n’était pas du tout commercial, même si leurs disques étaient aussi distribués au Royaume-Uni et en Scandinavie.

Propos recueillis par Jean-Louis Lemarchand

41 albums originaux en 20 CD

Noël ! Noël ! C’est encore Noël avant l’heure qu’on vous dit !

Le label Legacy a eu en effet cette merveilleuse idée d’éditer dans un coffret de 20 CD, quelques-uns des enregistrements originaux du très célèbre label Vogue. Avec Charles Delaunay aux commandes les éditions Jazz-Disques (Vogue, Jazz-Selection et Swing) avaient en effet, dans les années 50 un directeur artistique de luxe dont l’éclectisme gourmand le disputait à sa connaissance encyclopédique du jazz. Qui d’autre mieux que lui pour éditer dans la même foulée des albums de Duke Ellington, Mahalia Jackson, Wynonie Harris, Stan Getz, Red Norvo, The Spirit of Memphis quartet, Artt Tatum, Charlie Christian, Dixiland Jubilee, Charlie Parker, Originators of Modern Jazz, Erroll Garner, Kings of Boogie Woogie, Jerry Roll Morton, Dave Brubeck, Miles Davis, Red Norvo, Gerry Mulligan, Chet Baker, Syndey Bechet et enfin Lester Young.

Grâcve aux accords que delaunay avaits pu nouer avec des labels étrangers Vogue pu ainsi constituer un ilpressionant catalogue où les productions maisons côtoyaient les éditions d’Outre Atlantique. C’est ainsi que les Français purent profiter des accords passés avec Blue Norte, Dial, Aladdin ou encore Pacific Jazz

Legacy, sous la direction de Daniel Richard et François Lê Xuan a la bonne idée de rééditer ces albums avec la pochette originale dont les fameux dessins étaient notamment signés Pierre Merlin qui marquait de sa superbe signature des couvertures pleines d’à-propos et d’humour à l’image de cette couverture très drôle et un poil irrespectueuse de Jerry Roll Morton.

Ce panorama du jazz impressionne encore par la qualité de ce qui compose ce coffret.

Un cadeau essentiel à mettre au pied du sapin et à mettre absolument entre toutes les mains.

Jean-Marc Gelin

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Published by Jean-Louis Lemarchand - dans Interviews
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