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24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 20:51
FRANCK WOESTE : «  Pocket rhapsody »

ACT 2016

Franck Woeste ( p, fder, Org, bass synth), Ben Monder (g), Justin Brown (dms), Ibrahim Maalouf (tp), Youn Sun Nah (vc), Sarah Nemtanu (vl), Gregoire Korniluk (cello)

Il y a dans ce nouvel album du pianiste allemand la marque d'une grande diversité. Celui qui vit en France et que l'on sait élevé au biberon de la musique dite « classique » et des orgues des grands compositeurs allemands, celui que l'on jurerait élevé à l'école du rigorisme protestant et qui affiche en apparence des airs de gendre idéal s'est plongé avec délice depuis plusieurs années dans un jazz de bad boys parfois bien déjanté notamment aux côtés de Mederic Collignon (Jus de bosc).

Cet album, c'est justement le reflet d'une personnalité musicale aussi riche qu'ambivalente. Entre jazz électrique, musique de chambre et ambiant jazz, Franck Woeste navigue entre l'acoustique et le fender. Il se fait ici moins soliste que formidable arrangeur, directeur artistique et compositeur. A quand Franck Woeste pour Big band !

Des compagnons de route et stars du label passent la porte du studio et viennent en ami prêter main forte. Ibrahim Maaalouf emporte avec lui quelques beaux moments paroxystiques comme sur un "Moving Light" incandescent alors que la chanteuse Youn Sun Nah laisse planer un univers plus mystérieux et mélancolique sur "Star gazer ".

Mais si l'album est superbement arrangé on a parfois l'impression de perdre le pianiste qui dirige plus qu’il ne joue. On en est un peu frustrés. N'empêche, chacune de ses interventions est absolument précieuse et lumineuse. Où fusionnent un certain clacissime et un sens du groove terrible (Terlingua) mais toujours intelliogemment et sans esbrouffe.

Parfois il se fait très americain (on pense à Bill Frisell) sur Pocket Rhapsody avec un Ben Monder étonnant de grâce. Franck Woeste a aussi l'intelligence d'ajouter parfois quelques cordes et de venir au clavier accompagner en surimpression. Franchement classieux ! Et puis c’est tout autre chose lorsque, après une intro apaisée se déclenchent des foudres noires sur un Nouakchott sombre porte par les déchirures d’Ibrahim Maalouf et les bombardements guerriers de guitare presque hendrixiennes de Ben Monder conçu comme une vrai suite.

Aux côtés de Franck Woeste, une impressionnante rythmique avec un Justin Brown qui, depuis que nous l’avions entendu aux côtés d’Ambrose Akinmusire s’avère comme l’un des véritables petits génie de la batterie.

Débordant, cet album dit beaucoup. Tout simplement luxuriant !

Jean-Marc Gelin

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Published by Jean-Marc Gelin - dans Chroniques CD
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