Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 15:46
JOCE MIENNIEL « Tilt »

Joce Mienniel (flûte, synthétiseur analogique, composition, direction), Guillaume Magne (guitare), Vincent Lafont (piano électrique), Sébastien Brun (batterie, traitements électroniques).

Paris, 9-11 février 2015

Drugstore Malone DM005 / www.drugstoremalone.com

L'amateur chenu (mais pas encore cacochyme) se souvient forcément que « Tilt » c'était, en 1957, le titre du premier disque en leader de Barney Wilen, qui allait avoir 20 ans quelques semaines après l'enregistrement. Pourquoi en parler à propos du disque de Joce Mienniel ? Parce qu'il y a chez l'un et l'autre cet humour pince-sans-rire, cette réserve chaleureuse, cette curiosité et ce goût prospectif qui font transgresser les frontières musicales. Mais quand le saxophoniste Barney Wilen était un faux dilettante très doué qui se fiait à son intuition musicale, Joce Mienniel a développé son don de flûtiste jusqu'au sommet de l'excellence académique, pour mieux s'en libérer ensuite ; et sa liberté se lit dans la pluralité de ses collaborations : multiples avec Sylvain Rifflet, récurrentes avec Jean-Marie Machado et l'O.N.J. de Daniel Yvinec, ponctuelles avec Jean Jacques Birgé, sans parler de ses participations aux univers de la chanson et de l'image. Mais toujours la curiosité et la passion dominent. Avec ce disque, le flûtiste cultive plus encore son goût pour les pas de côté : à la flûte (ou plutôt aux diverses flûtes) il adjoint le synthétiseur analogique, son autre passion musicale, pour élaborer un paysage musical aussi riche qu'inattendu. Le discours promotionnel qui accompagne l'objet met l'accent sur la citation de Cormac McCarthy (« Un noir à se crever le tympan à force d'écouter ») imprimée sur la pochette du CD, évoquant aussi l'outrenoir cher à Pierre Soulages ; et sur la prégnance des sonorités urbaines dans le langage musical employé. Pourtant on peut entendre aussi une autre musique, faite de grands espaces désolés, où la guitare de Guillaume Magne rappelle les étendues quasi désertiques magnifiées par Sergio Leone ou Wim Wenders, avec une longue réverbération « à l'ancienne » que ne désavouerait pas Marc Ribot dans ses moments nostalgiques.... La palette sonore du flûtiste paraît sans limite (un instant, on croirait entendre un shakuachi), et la construction de l'ensemble, en forme de suite à multiples tiroirs, force l'admiration par sa cohérence musicale autant que conceptuelle (et sans chercher lequel des multiples sens du mot tilt dans la langue anglaise oriente ce projet artistique....). Au confluent d'une foule d'univers musicaux, cette musique captive, au sens propre du terme, avec une liberté qui la relie, quoi qu'on en dise, au jazz.

Xavier Prévost

Le groupe est en concert le 27 janvier 2016 au Périscope de Lyon, le 28 au Fil de Saint-Étienne, et sera le 24 mars à la Dynamo de Pantin pour le festival Banlieues Bleues

Un avant-ouïr sur Youtube :

https://www.youtube.com/watch?v=CTZnpqTDr50

Partager cet article

Repost 0
Published by Xavier Prévost - dans Chroniques CD
commenter cet article

commentaires

  • : les dernières nouvelles du jazz
  • les dernières nouvelles du jazz
  • : actualité du jazz, chroniques des sorties du mois, interviews, portraits, livres, dvds, cds... L'essentiel du jazz actuel est sur les DNJ.
  • Contact

Les Dernières Nouvelles du Jazz

Chercher Dans Les Dnj

Recevoir les dnj