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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 09:02
Marcel Kanche : "Epaisseur du vide".

Marcel Kanche (chant, piano et guitares), Julien Lefèvre (violoncelle, guitares), Isabelle Lemaître (chœurs et chant), Nicolas Méheust (orgue, fender Rhodes, méllotron), Pierre Payan (accordéon, scie musicale, synthétiseur, trompette), Bruno Tocanne (batterie). Studio Parachute à Percy (50), 2015. Pbox/Caramba.

Voici un musicien inclassable, hors normes, marginal, engagé…. Et qui n’encombre pas les bacs des disquaires. La soixantaine, Marcel Kanche signe avec « Epaisseur du vide » son dixième album. L’avant-dernier sorti en 2012 avait frappé les esprits par une lecture forte « triturante » (selon ses propres termes) de Léo Ferré (i.overdrive trio et Marcel Kanche interprètent Léo Ferré. Cristal Records). Chanteur résistant qui considère le jazz comme « la seule musique libre à ce jour », Marcel Kanche a conservé intacte cette passion pour cette musique depuis ses rencontres new-yorkaises avec Don Cherry et Carla Bley. Il partage d’ailleurs ce penchant pour la compositrice de Escalator over the hill avec son batteur Bruno Tocanne qui vient de participer au projet en forme d’hommage, Over the Hills (Imuzzic Grands ensembles.2015).

Oublions les chapelles. Marcel Kanche fait partie de ces compositeurs interprètes rebelles comme Tom Waits ou Gérard Manset. Nous sommes dans un univers poétique, globalement sombre, qui évoque aussi bien les troubles personnels que les interrogations sur cette société « en fin de course ». C’est un homme taraudé par le doute (« Dans la fabrique du doute, je froissais mes pensées, tâtonnais, cherchais la route et encore j’hésitais… ») qui cherche sa voie (« Les ai-je vues ces lumières tombées des falaises, combien d’échardes dans les regards, de reflets si blancs dans les torrents…).

On retrouve dans « Epaisseur du vide » cette quête qui marquait déjà trois de ses précédents albums, « Vertiges des lenteurs », « Dog Songs » et « Vigiles de l’aube ». L’auteur revendique cette cohérence : « Je continue l’histoire. On creuse toujours le même sillon. Mais avec le temps, on a évidemment un regard autre sur les choses à 60 ans qu’à 20. » Par un hasard du calendrier, « Epaisseur du vide » a été présenté à Paris dans une galerie du 18 ème arrondissement le jeudi 12 novembre dernier. Son écoute aujourd’hui permet de (re)découvrir un poète authentique et sans contraintes, fidèle en cela à un certain esprit français.

Concert à Bougenais (44) au Piano’cktail, le 25 mars.

Jean-Louis Lemarchand

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Published by Jean-Louis Lemarchand - dans Chroniques CD
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