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6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 18:05
MICHAEL FELBERBAUM « Lego »

Michael Felberbaum (guitare, composition), Pierre de Bethmann (piano, piano électrique), Simon Tailleu (contrebasse), Karl Jannuska (batterie)

Montreuil, 26-27 février 2013,

Fresh Sound New Talent FSNT 485 / Socadisc

Par son titre, et la géométrie de sa pochette, le CD fait référence à un célèbre jeu de contruction danois. Il évoque aussi, sur un volet intérieur de son digipack, l'origine du mot lego, en puisant dans les sources indo-européennes, grecques et latines. Et le discours d'escorte du document promotionnel développe un peu les traductions du verbe grec puis latin (recueillir, rassembler, dire....). Il en oublie d'autres : comme lire ; et aussi passer en revue. Ce dernier sens figure chez Virgile, dans l'Énéide (6, 755). Énée embrasse du regard les âmes de sa descendance et se place sur un promontoire « unde omnes longo ordine possit aduersos legere », ce que Pierre Klossowski, dans sa tentative périlleuse de rendre en français la métrique latine, traduit par « d'où en longue file il pût en face les ombres choisir ». Blague à part (ce n'est pas tous les jours que l'on peut blaguer avec l'Énéide ....), le disque est une réussite, en cela qu'il rassemble les tropismes musicaux de Michael Felberbaum (le jazz, un passé rock, le goût de la construction, de la composition, des contrastes et des nuances subtiles), et qu'il en fait un objet neuf, collectif et inspiré. Il faut entendre comment, dès la première plage, Flow , les membres du groupe suivent la guitare dans son cheminement sinueux, en totale interaction, et jusqu'au moment paroxystique qui précède le solo de Fender Rhodes, lequel est soutenu par un solo de batterie intégré dans la montée en tension du clavier. Et le miracle se renouvelle de plage en plage, de la méditation harmonique de Variations jusqu'à la sinuosité conclusive de Lego, en passant par la richesse rythmique de Horse, à partir d'une figure simple qui ouvre de multiples horizons. Le thème suivant, avec son drive très jazz, offre une autre facette. Puis Nostalgia rappelle les infinies ressources d'expressivité d'un univers modal exploré avec un mélange de maîtrise et de liberté. Now nous la joue un peu façon bossa, tandis que la plage suivante nous la fait plus rock, avant de rejoindre pour l'avant dernière plage les méandres qui faisaient le charme de la première. Pour résumer, le disque s'écoute d'une traite, dans l'ordre, de paysage en perspective, reflet exact d'une vision, d'un « concept » assumé et abouti : bel ouvrage d'art lancé par-delà les gouffres d'insondables émois.

Xavier Prévost

Le groupe jouera le 23 janvier à Paris au Sunset

Quelques extraits du répertoire, en studio ou en concert

https://www.youtube.com/watch?v=BsUlmm6g_fY

https://www.youtube.com/watch?v=rcBkm-JaclE

https://www.youtube.com/watch?v=jy5LHAHq3LA

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Published by Xavier Prévost - dans Chroniques CD
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