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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 19:15
Michele Hendricks : " A Little Bit of ELLA"

Now And Then

www.critalrecords.com

http://www.cristalrecords.com/cristalrecords/fr/736

Label Cristalrecords/Harmonia mundi

Michele Hendricks : Chant
Tommy Flanagan : Piano
Peter Washington : Contrebasse
Lewis Nash : Batterie
Brian Lynch : Trompette
Robin Eubanks : Trombone
David “Fathead” Newman : Saxophone tenor
Jon Hendricks : Chant sur titre 2.


Quel entrain, quelle joie mélodique sur la version de « Sweet Georgia Brown » qui commence cet album tout à fait réjouissant, intitulé sobrement A little bit of Ella. Variant les styles dans le chaudron jazz, du funk au reggae, refusant la parodie ou une certaine facilité, la chanteuse a revu ces morceaux de choix, convoquant nostalgie tendre ( tous les titres sont connus) au service de sa propre technique vocale. Reprendre des chansons immortalisées par l’une des plus grandes chanteuses jazz est une véritable aventure. Mais avec Michele Hendricks, c’est l’esprit préféré à la lettre, et puis elle en a le droit, la légitimité, descendant d’une lignée vocale certaine (son père, créateur virtuose du « vocalese » est à l’origine d’un fameux trio Lambert, Hendricks & Ross).

Ecouter cet album vous plongera dans une certaine joie de vivre et un pan de l’histoire du jazz vocal : Cole Porter, George Gershwin, Duke Ellington...Les standards s’enchaînent avec élégance, variant astucieusement les « moods » car Michele Hendricks s’est entourée d’un fabuleux pianiste qu’elle a réussi à entraîner avec son trio, Tommy Flanagan : l’ensemble swingue avec bonheur : écoutez donc « How High The Moon » où se joint la voix du père, Jon Hendricks, comme par hasard !

Comme le fait remarquer avec sa pertinence habituelle, Claude Carrière qui présente dans les « liner notes » Michele Hendricks, pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour sortir cette pépite ? Le disque fut enregistré en 1998 peu de temps avant la disparition du pianiste ce qui rend cet album d’autant plus précieux, un double hommage en somme. Et puis on le sent bien, Michele Hendricks est parfaitement à l’aise dans ce répertoire plein de chausse-trappes, si souvent repris, rarement à l’égal de leur version « fitzgeraldienne ». Elle réussit à en faire autre chose, à le rafraîchir ou disons à en raviver les couleurs, ne pas les plonger dans celles, sépia de la nostalgie. Aucune affectation, une interprétation vraiment habitée qui vient des origines. Car si Michelle combine talent et expérience, le chant est aussi sa demeure.
Cela a-t-il encore un sens en 2016 ? Dans la forme, les mélodies peuvent encore se développer, elles sont intemporelles. Elle rephrase astucieusement, a une invention rythmique très naturelle quand elle scate, admirablement soutenue par les musiciens dans « Oh ! Lady Be Good » ou « Air Mail Special » de Charlie Christian. On goûtera ce plaisir gourmand de faire tourner les sons et les mots, chavirant de tendresse (le toujours émouvant «Everytime we say goodbye» de Cole Porter), ou de les rouler en bouche comme de vifs cailloux, dans le final porté par des vents enthousiasmants. Indispensable en ce début d’année !

NB : EN CONCERT :

-Les 29 et 30 Janvier 2016 au Sunside à Paris

-Le 29 Avril 2016 au Petit Journal Montparnasse à Paris

Sophie Chambon

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Published by Sophie Chambon - dans Chroniques CD
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