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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 20:34
FREDERIC CHAUDIERE : TRIBULATIONS D’UN STRADIVARIUS EN AMERIQUE

FREDERIC CHAUDIERE : TRIBULATIONS D’UN STRADIVARIUS EN AMERIQUE
Actes Sud - Babel
Juin, 2008 / 11,0 x 17,6 / 304 pages
Prix indicatif : 8, 70€
Par Yaël Angel

Frédéric Chaudière, luthier de renom à Montpellier et chroniqueur à Radio France nous conte l’histoire d’un chef-d’oeuvre à travers les âges : celui du violon Stradivarius dit « Gibson ». Commandé en 1713 à Antonio Stradivari par Philippe V d’Espagne mais refusé par l’émissaire de celui-ci en raison de sa couleur « troppo rosso », le violon va traverser 300 ans d’histoire. Une histoire chaotique et passionnante, qui commence, pour le lecteur, par le vol du violon dans les loges du Carneghie Hall. Nous sommes en 1936. Le « Gibson » appartient alors au célèbre violoniste Bronislaw Huberman, juif fuyant l’Europe nazie et fondateur de l’Orchestre Philarmonique d’Israël. C’est Julian Altman, jazzman névrotique en quête d’ascension sociale, qui est l’auteur du larcin. Julian Altman maquillera l’instrument au cirage noir pour en jouer contre un salaire de misère sur la scène des clubs de jazz bondés et enfumés, et lors de ses crises éthyliques, s’en servira comme cendrier et souffre-douleur. Ce vol, qui défraya la chronique à l’époque et donna lieu à des enquêtes de détectives privés, est l’occasion pour Frédéric Chaudière de faire un grand retour en arrière dans le temps pour nous raconter la vie de ce violon. Nous voilà plongés dans l’âge d’or de la lutherie de Cremone, en Italie, où officièrent notamment Antonio Stradivari et ses fils. Nous assistons à l’abattage des arbres, leur tri et leur tronçonnage en fonction de l’instrument à cordes souhaité. Dans les ateliers, on dessine, on coupe, on scie, on vernit, on colle, et le style de Frédéric Chaudière est tellement nourri de ses propres connaissances techniques sur ce sujet que les poussières et l’odeur des résines semblent parvenir jusqu’à nos narines. Nous suivons le violon qui pérégrine entre différentes mains, parfois celles de musiciens, parfois celles de collectionneurs, jusqu’à ce que Bronislaw Huberman en fasse l’acquisition pour se le faire voler à New York. Restitué plusieurs dizaines d’années plus tard contre hautes finances et en piteux état par la veuve de Julian Altman, le violon, dont la sonorité est restée magnifique, appartient aujourd’hui à Joshua Bell. Ce dernier l’enregistra pour la première fois sur son émouvant album « Romance of the Violin » (Sony Classical Records 2003). L’histoire de ce Stradivarius laisse imaginer celle d’autres instruments anciens qui, eux aussi, ont forcément eu leurs « tribulations ». Elle est touchante parce qu’elle ressemble à nos vies, faites de bonheurs et d’épreuves, et dont les aspérités rendent le son de « l’âme » encore plus vibrant.
Yael Angel

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Published by YAEL ANGEL - dans Livres - BD
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LMC 04/05/2017 10:14

Je ne connaissais pas ce livre, je pense que je vais l'ajouter à ma liste de livres à lire ! Merci beaucoup pour la découverte !

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