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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 09:08
JULIAN LAGE  : «  Arclight »

Mack avenue 2016
Julian Lage (g), Scott Colley (cb), Kenny Wollesen (dms)


Je me souviens d’un jour au Cornelia Café à New-York où nous avions écouté le pianiste Dan Tepfer qui jouait alors avec un jeune guitariste que nous ne connaissions pas. Je suis sorti de là totalement fasciné par le jeu limpide et élégant de ce musicien à l’évidente humilité et dont j’appris plus tard en lisant sa biographie qu’il était un petit génie précoce de la six cordes, déjà repéré à l’âge de 8 ans. Aujourd’hui membre du groupe d’Eric Harland et du vibraphoniste Gary Burton, il joue avec les plus grands de la scène New-Yorkaise.
Et il joue et joue et joue encore comme si cela lui était aussi naturel que respirer. Comme s’il n’y avait rien d’exceptionnel là-dedans. Il joue comme s’il avait appris à tenir une guitare avant de savoir marcher.
Il signe aujourd’hui un album d’une fraîcheur remarquable. Sa sonorité étonne et ses inflexions un peu country semblent parfois sorties du répertoire d’un Bill Frisell ( Harlem blues), . Avec une volonté évidente de se démarquer des guitaristes d’aujourd’hui qui revendiquent leur filiation à Metheny ou à Rosenwinkell. Julian Lage déploie son propre langage. Il joue country on l’a dit mais dans le même temps très jazz ( Activate) avec une aisance et une agilité rare. Parfois il joue aussi avec un sens du picking très old school ( Persian rug) ou avec un sens du blues jouant élégamment avec les réverbes ( Nocturne). Il joue un peu free, un peu rock avec la même évidence. Dans chacune de ses notes, la même intention, la même intensité , le même charme. Il suffit écouter avec quelle classe il se promène sur ce standard, I’ll be seeing you !
11 petits morceaux courts enchaînés dans le même balancement léger de mélodies gracieuses (Presley) avec deux compères d’exception. Scott Colley gardien non seulement du temple rythmique mais affichant lui aussi un sens rare de l’assiste mélodique. Et le très zornien Kenny Wollesen au vibraphone et batterie qui quitte Marc Ribot pour donner à l’ensemble ce son doucereux du rêve éveillé.
Et c’est bien de cela dont il s’agit, d’un véritable groupe à la cohérence parfaite. Un ensemble en mouvement coordonné.

Cet album est un vrai bonbon. Une véritable sucrerie dans la production actuelle parfois si convenue.

Le jazz, c’est aussi cela !
Jean-Marc Gelin

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Published by Jean-Marc Gelin - dans Chroniques CD
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