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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 21:21
Marc Copland : " Zenith"

ZENITH Marc Copland
Ralph Alessi Drew Gress Joey Baron
Label InnerVoiceJazz
www.marccopland.com
www.innervoicejazz.com

Sortie 15 avril
Le pianiste Marc Copland a attendu longtemps avant de créer son propre label : il profite de ses relations privilégiées avec le contrebassiste Drew Gress et le batteur Joey Baron (ils sont tous trois la section rythmique du quartet de John Abercrombie, et Baron & Copland accompagnaient le trio de Gary Peacock). Depuis l’an 2000, le pianiste a sorti près de 30 albums en leader. Il est donc légitimé dans ce désir de parfaire son évolution en donnant naissance au bien nommé InnerVoiceJazz...Il est vrai que ces musiciens n’ont plus grand-chose à prouver ; ils continuent néanmoins à travailler, explorer les limites de cette musique, faire entendre ce chant intérieur qui les anime. Sur ce premier album intitulé Zénith, se déroulent six longues et savoureuses compositions dont 4 du pianiste, une suite qui est peut être le morceau de bravoure de l’album, « Air we’ve never breathed », un travail collectif d’improvisation qui traduit, à moins que ce ne soit l’inverse, un poème de Bill Zavatsky, poète-ami de longue date, qui connut Bill Evans. Et la version revisitée de « Mystery Song », un thème peu connu de Duke Ellington qui, si je devais tenter d’expliquer ce qu’est le jazz, me servirait d’exemple. Je ferai écouter le fox-trot initial de 1931, joué par l’orchestre du Duke (3’19) puis la version en quartet de Steve Lacy de 1962, déjà plus longue avec en plus du soprano, la trompette de Don Cherry et la batterie de Billy Higgins. Enfin, on en viendrait à la version du quartet de Marc Copland (9’16) qui brode une subtile variation, prend son temps pour nous conduire à partir de l’exposé souple et fidèle du thème, loin, très loin. Vers l’esprit même de cette musique, à travers autant de signes qui ne répondent à aucune nostalgie, malgré l’apparence du souvenir, mais forment de délicats échos éclairés, « enluminés» par la trompette de Ralph Alessi, le quatrième homme de la bande que j’avais oublié de présenter. « Shame on me », d’autant que ses interventions continues, superbes dans les aigus soulignent le travail du pianiste. Comme dans un album déjà ancien Poetic Motion, du regretté label Sketch, le pianiste s’attache à traduire la circulation du sens poétique, sans les éclats de certaines violences free ou rock. Mais avec la finesse des touches impressionnistes d’un jazz qui se réserve, non par pudeur, mais par une retenue qui rejoint un art consommé de l’implicite. Cependant les ombres cachées se dévoilent peu à peu, révélant une intense beauté. Rien de mieux qu’une ballade pour apprécier le travail de ces virtuoses, finesse de jeu, justes couleurs et groove aérien. On vous le dit, voilà un album qui se savoure....
Sophie Chambon

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Published by Sophie Chambon - dans Chroniques CD
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