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21 avril 2016 4 21 /04 /avril /2016 08:32
VIJAY IYER et WADADA LEO SMITH « A Cosmic Rhythm with Each Stroke »

Wadada Leo Smith (trompette), Vijay Iyer (piano, piano électrique, effets électroniques)

New York, 17-19 octobre 2015

ECM 4769956/ Universal

En découvrant ce disque, je me souviens de la première fois où j'ai pu écouter sur scène Vijay Iyer : c'était au Festival Banlieues Bleues, en mars 2005, au Théâtre de la Commune d'Aubervilliers ; il jouait dans le Golden Quartet de Wadada Leo Smith, et j'enregistrais ce concert pour mon émission « Le Jazz, probablement.... » sur France Musique. J'avais été frappé par la singularité de ce pianiste, et chaque fois que je l'ai réécouté depuis, sur disque ou en concert, cette première impression ne s'est jamais démentie. Retrouver le pianiste en duo avec le trompettiste 15 ans plus tard me semble donc aller de soi. Leur collaboration, plus que sur la connivence, paraît reposer sur une sorte d'osmose. Un espace musical se dessine, sans que l'on sache toujours qui l'élabore, et chacun s'y love comme un chat qui découvre l'asile idéal. L'essentiel du disque est une suite en 7 parties, co-écrite par les deux musiciens. Elle est dédiée à Nasreen Mohamedi, plasticienne indienne disparue voici plus de 25 ans, et à laquelle le Metropolitan Museum de New York consacre une exposition jusqu'en juin 2016. Vijay Iyer est artiste en résidence dans ce musée, et c'est là que, voici quelques semaines, cette suite a été créée en concert. C'est un dialogue permanent entre les deux musiciens, entre des accents du jazz le plus libre, une musique modale ou atonale-selon les instants-, une expressivité exacerbée dans le recueillement, ou une segmentation rythmique que n'auraient reniée ni Stravinski ni Bartók. C'est prenant de bout en bout, comme un voyage en terre inconnue, où chaque horizon dévoilerait un monde neuf. Deux pièces encadrent cette suite : la première est signée par le pianiste, et la dernière, composée par Wadada Leo Smith, est une évocation de Marian Anderson, cantatrice pionnière de la communauté afro-américaine dans l'univers de l'opéra états-unien. Une œuvre de Nasreen Mohamedi orne la pochette de ce disque : elle ouvre par le regard l'accès à cette musique qui nous parle d'ailleurs et d'avenir insoupçonnés.

Xavier Prévost

Un extrait sur Youtube :

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Published by Xavier Prévost - dans Chroniques CD
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