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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 21:29
Fabrice Martinez, Cuong Vu… ou la revanche des cuivres flamboyants

CUONG VU trio meets Pat METHENY
WEA - Nonesuch 2016
Cuong Vu (tp), Pat Metheny (g), Stomu Takeishi (b), Ted Poor (dms)


Cuong VU est un trompettiste de talent qui fait partie du groupe du guitariste mythique du Missouri.
Le trompettiste New-yorkais né à Saïgon a été en effet repéré en 2002 ( il avait 33 ans) par Pat Mettent qui l’a alors invité sur l’album « Speaking of now « et ne l’a plus guère quitté depuis. Au point, paraît-il qu’ils sont dans la vraie vie devenus très amis.
Alors forcément lorsqu’on a le privilège de jouer avec l’un des plus grands guitariste de l’histoire du jazz, cela pose son homme, et ça la pose assez haut d’ailleurs.
Dans ce nouvel album, le trompettiste confirme tout le bien que l’on pense de son talent. Il apporte dans sa petite mallette une sorte de feu jaillissant d’une étincelle électrique à coup de très longues tenues suraiguës ou de growl un peu à la manière des trombonistes ou encore de trilles boppiennes qui ne sont pas sans évoquer la puissance d’un Freddie Hubbard. Impressionnant ! Nourri au biberon de la scène New-Yorkaise Cuong Vu se nourrit d’une certaine forme classique du jazz, puisant à la fois dans des racines blues auxquelles il ajoute une bonne pincée de jazz rock et de néo-free. On l’entend ainsi sur des riffs presque boppiens sur Not Crazy. presque dans le free. Cuong Vu se montre toujours exceptionnel, littéralement étincelant. Le garçon maîtrise à peu près tous les registres et toutes les tonalités avec une énergie communicative. Pat Metheny lui apporte une réponse toujours débordante d’inspiration et de reverbes moelleuses à souhait. Ces deux-là se comprennent intuitivement. Le son smooth de Mettent et le tranchant de Cong Vu : une admirable recette douce amère.
Jean-Marc Gelin

Fabrice Martinez, Cuong Vu… ou la revanche des cuivres flamboyants

FABRICE MARTINEZ Chut ! : « Rebirth »
ONJ Records - L’autre Distribution 2016

Fabrice Martinez (tp, fchn), Fred Escoffier (cl), Bruno Chevillon (b), Eric Echampard (dms) + Stéphane Bartlet g)


J’étais de ceux qui étaient à la soirée inaugurale du nouvelONJ d’Olivier Benoit. Tout le petit groupe se mettait en place, jouait les rounds d’observation nous laissant alors plus ou moins médusés. Lorsque tout à coup, une zébrure vive déchira l’assistance. C’était Fabrice Marinez qui venait de prendre un chorus d’anthologie. Et ceux qui étaient là ce soir-là n’eurent aucun mal à se convaincre qu’ils étaient en présence de l’un des plus grands trompettistes de sa génération. Il faut dire qu’il y a chez Martinez un sens de la puissance maitrisée et surtout pas, surtout pas canalisée. Un sens de l’incandescence qui saurait réveiller un choeur de nones à l’heure vespérale. Entouré ici de ses fidèles followers, Fabrice Marinez signe un troisième album empreint d’électricité et de nappes sonores très rocks. Dans le dossier de presse il est évoqué l’influence de la Motown que j’avoue ne pas avoir bien compris tant j’ai plutôt le sentiment que le trompettiste allait puiser plutôt du côté du rock progressif.
Avec une technique éblouissante, Fabrice Martinez dont le cursus va autant de soliste à l’Opera de Paris, aux folles improvisations chez Andy Emler ou aux hallucinations du Supersonic de Thomas de Pourquery, Fabrice Marinez dis-je explose dans une sorte de flamboyance baroque au sein d’une pièce dont il est le personnage central, le héros.
Et pour tout dire, derrière ça joue grave. Fred Escoffier, son copain d’enfance tient les claviers et balance entre jungle et électro. De son côté Bruno Chevillons (énorme à la basse !) livre une partition assez exceptionnelle et bombarde une scène de guerre de riffs hallucinants. Quand à Eric Echampard, c’est simple il pose les bâtons de dynamite et allume les mèches.
Particulièrement bien écrit, cet album s’impose dans le paysage d’un jazz moderne qui groove rock et s’étend sur des brumes électriques étirées et planantes. Il y a des nappes plus où moins psychédéliques qui se déploient sous les ouvertures tranchantes au scalpel de Fabrice Martinez alors que Fred Escoffier prend des airs de King Crimson avec des montées paroxystiques irrésistibles (Prune) qui envoie la sauce avec une rythmique déployant son énergie portée par l'ultra puissance décoiffante du trompettiste . Âmes sensibles et tympans délicats s'abstenir.
L’influence crimsonienne et celle de Miles Davis se bousculent dans un Transe particulièrement inspiré et lunaire et avec un Éric Echampard survolté.

Comme dans le cas de Cuong Vu le mariage des sonorités moelleuses (ici de Fred Escoffier) avec le tranchant acéré de Martinez créé un son contrasté. Pas question de sourdine ici, au contraire le trompettiste lâche le son de manière assez ébouriffante.
Et c’est au final la révélation d’un trompettiste hors norme, de très très haute volée.

Jean-Marc Gelin

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Published by Jean-Marc Gelin - dans Chroniques CD
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