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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 15:14
Pat Metheny : «  The unity sessions »

Nonesuch 2016
Pat Metheny ( g, g-synth, elec) , Chris Potter (ts, bs, clb, fl, g), Antonio Sanchez (dms, cajon), Ben Williams (b), Giulio Carmassi (p, flgh, vc),

Lorsque Pat Metheny s’est décidé à jouer avec Chris Potter en 2013, c’était la première fois qu’il rejouait avec un saxophoniste depuis Michael Brecker et Dewey Redman sur l’album 80/81.
C’est dire le chemin qu’il lui a fallu parcourir pour trouver celui qui pourrait enfin redevenir son âme soeur. Et lorsque l’on écoute ces sessions qui nous sont proposées par le label Nonesuch, on comprend que s’il a fallu du temps au guitariste c’est qu’il lui fallait trouver celui avec qui il pourrait être en parfaite osmose.
Et de fait Metheny/Potter est un affaire qui marche.
Qu’il soit au ténor, au soprano ou à la clarinette basse (et même, tiens, à la guitare), le saxophoniste de Chicago apporte une énergie incroyable au jeu de Metheny.
Les deux géants savent d’où ils viennent et ce qu’ils doivent au jazz des racines et c’est avec un grand plaisir qu’on les écoute improviser sur Cherokee, le standard de Ray Noble.
Si l’ensemble de l’album a parfois des airs un peu convenu, un peu académique au sens Methenien du terme, ronronnant parfois son jazz-rock, il faut bien avouer que lorsque le saxophoniste prend les choses en mains il en explose littéralement les lignes à l’image de ce One Day rendu incandescent par le souffle brûlant que Potter jette sur la marmite.
Metheny à l’électrique ou en acoustique ( guitare à laquelle il semble revenir de plus en plus) est une sorte de magicien de l’harmonie, science qui lui colle à peau et lui fait comme une autre respiration naturelle. Ainsi ce Meddley joué en solo et qui devrait être enseigné à toutes les écoles de jazz.
Derrière il faut absolument entendre le jeu littéralement époustouflant d’Antonio Sanchez, selon moi l’un des plus grands ( que dis-je, immense) batteur à l’heure actuelle. Dans sa revue, Downbeat le compare à Jack De Johnette. Exactement ce qui me vient à l’esprit en l’entendant. Mais je penche plus vers Elvin Jones dans le genre maître des forces, roi des artificiers.

Où l’on assiste à un moment d’anthologie sur Two folk songs totalement exacerbé par Potter et Sanchez au point que Metheny en est presque relégué au second plan. Mais plus loin, le génie de la six cordes reprend la main avec un lyrisme à couper le souffle sur Kin où les envolées de Metheny montent très très haut dans le ciel.
Et pour conclure l’album, les gaillards se lancent dans un rock échevelé et déjanté ( qui lequel Sanchez a dû se désintégrer tant il se transcende).

Double album, il fallait au moins cela tant Mettent et Potter ont des choses à se dire.
Quand ces deux-là mettent leur génie au service du partage et de la fusion des énergies, cela vole très très haut.
Unity Sessions fly high.

Jean-Marc Gelin

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