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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 06:24
Pharoah Sanders au New Morning

Pharoah Sanders au New Morning
12 juillet. New Morning (75010)
Pharoah Sanders (Saxophone ténor), William Henderson (Piano), Oli Hayhurst (Basse), Gene Calderazzo (Batterie).
Un confrère, de toute confiance, m’avait mis en garde. Il avait gardé un exécrable souvenir de son dernier concert au festival de Coutances au printemps 2015 : présence minimum sur scène et implication modeste qui avaient conduit les organisateurs à publier (une Première dans la vie des festivals) un communiqué d’excuses auprès des spectateurs. Le même confrère avait donc « séché » sa prestation au récent North Sea Festival et préféré ce mardi 12 juillet rester sur son canapé. C’était donc avec une certaine appréhension que je prenais le chemin du New Morning pour écouter et voir Farrell, alias Pharoah, Sanders. Surprise, le club de la rue des Petites Ecuries était comble, comme aux plus belles heures des Jamal, Jones (Elvin, Hank) et autres Barretto. Serait-ce par défaut, me disais-je, le géant Rollins n’étant plus en mesure de se produire sur scène. On sait l’attrait du public pour les « légendes » surtout chevronnées, le natif de Little Rock approchant les 76 ans. Et de fait les spectateurs représentaient toutes les générations, ceux qui avaient entendu Coltrane en concert et beaucoup de jeunes y compris des teenagers et même des bambins du primaire. Le temps que ces quelque 250-300 fans s’installent, le groupe fait son entrée, y compris le leader qui ne laisse pas ses comparses du trio « chauffer » la salle. De bon augure. Pharoah a délaissé sa chasuble africaine pour un t-shirt immaculé et se lance d’entrée de jeu. Il met le public dans sa poche en l’engageant à frapper dans ses mains. C’est bien entendu à contretemps. Qu’importe, le courant passe et certains en profitent pour grimper sur des chaises et ne pas rater une expression du saxophoniste ténor. Il est un peu courbé et n’affiche plus cette flamboyance qui assura sa renommée. Mais le fond est là. Pharoah est revenu au style déployé par son maître, John Coltrane, au début des années 60, quand il venait de quitter Miles pour voler sous ses propres couleurs. Oubliés les élans spirituels, voire spiritualistes du Pharoah des années 65 et après. Est-ce par manque de moyens ou/et volonté de s’économiser alors qu’il effectue une tournée estivale ? Toujours est-il que l’on prend un réel plaisir, sans arrière-pensée, avec un brin de nostalgie, à savourer ces thèmes que Coltrane portait avec générosité et sensibilité. Pharoah rend ainsi un hommage qui touche au cœur. Et il pouvait regagner sa loge après un premier set d’une bonne heure, la conscience tranquille. Le chroniqueur, souhaitant rester sur une bonne impression, quittait l’antre surchauffée, affrontait l’averse pour achever la soirée à la maison en écoutant « Save Our children », album de 1998 (Polygram) où Pharoah évolue avec force percussions (Zakir Hussain, Trilok Gurtu)et déjà le fidèle William Anderson au piano (et à l’harmonium). Une belle soirée estivale.

Jean-Louis Lemarchand

Le festival All stars du New Morning programme jusqu’à la fin juillet, Ed Motta (16), Lonnie Smith (18), Steve Coleman (19), Marc Ribot (20), Abdullah Ibrahim (22) et Mike Stern (26). Le festival se poursuit en août. www.newmorning.com

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Published by Dernières Nouvelles du Jazz
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