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4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 15:28
TROIS ESCAPADES au PARIS JAZZ FESTIVAL

Nasheet Waits "Equality Quartet" sur la scène du Paris Jazz Festival, au Parc Floral

Parc Floral de Paris, Bois de Vincennes

Daniel Humair Quartet, 19 juin 2016

Nasheet Waits Quartet, 2 juillet 2016

Toni Green & Malted Milk, 3 juillet 2016

L'offre est pléthorique en Ile-de France au début de l'été : festivals ou programmations spéciales dans les clubs (qui profitent du passage des tournées estivales et américaines....), festival Django Reinhardt.... et Paris Jazz Festival au Parc Floral de Paris. Le festival du Bois de Vincennes se tient chaque week-end jusqu'à la fin de juillet. Fidèle à sa réputation d'éclectisme et de diversité, il sait toujours offrir, à côté des indispensables événements « grand public » (ce que justifie la nature du lieu, à la jauge extensible par beau temps -lequel fit hélas, cette année, un peu défaut), des programmes plus pointus. Les programmations sont thématisées chaque week-end, et alternent souvent concerts « sur l'eau » (avec une barge posée sur un bassin) et prestations abritées sur la grande scène de l'Espace Delta. C'est dans ce lieu protégé des intempéries que se déroulaient les concerts ici évoqués.

Daniel Humair d'abord, au sein d'un week-end helvétique, et entouré de la jeune garde du jazz hexagonal. Ce groupe récent (une dizaine de concerts jusqu'alors), rassemble Vincent Lê Quang, Fabrice Matinez et Stéphane Kerecki. L'ambiance est sereine et le batteur, manifestement heureux d'être là, présente ses partenaires avec un chaleureux humour. Les thèmes sont issus des différentes périodes de la carrière du leader (avec une indispensable composition de François Jeanneau), le musique est vive, tendue, et chacun s'y jette avec audace, à mesure de ses talents, lesquels sont pour chacun d'eux considérables. Bref c'est une fête pour la musique, deux jours avant les festivités officielles du 21 juin !

Vient ensuite le week-end états-unien, avec le samedi une perle rare : le quartette "Equality" du batteur Nasheet Waits. Il était venu l'an dernier en sideman dans le groupe du trompettiste Avishai Cohen, ce qui a donné l'envie à Pierrette Devineau, directrice du festival, de l'inviter cette année avec son propre groupe. Le répertoire est signé par chacun des membres : le batteur bien sûr, mais aussi le contrebassiste Mark Helias (magnifique composition !), le saxophoniste alto Darius Jones (un blues torride et dévoyé, avec intro free en solo), et le jeune pianiste cubain Abel Marcel, entendu notamment au côté de David Murray. Il y eut aussi une très belle composition d'Andrew Hill, hommage suscité par l'anniversaire du pianiste-compositeur deux jours plus tôt. Le batteur, très présent par un drumming intense et subtil, joue cependant très collectif. Les solistes sont impressionnants, même si mes oreilles, comme celles de quelques amis présents, étaient irritées par la propension obstinée du saxophoniste à jouer en dessous du diapason dès que l'on allait vers le médium et le bas-médium.... Mark Helias est toujours d'une absolue pertinence, et le pianiste éblouit par la puissance de son jeu, lequel réserve aussi des espaces très nuancés. Bref, et malgré les offenses du saxophoniste au diapason, ce fut un beau moment de musique.

Le lendemain la scène de l'Espace Delta était investie par la chanteuse Toni Green, vocaliste de Memphis qui se produit régulièrement avec un très bon groupe de soul-funk nantais, Malted Milk. Ils s'étaient déjà produits voici deux ans sur cette scène pour les Victoires du jazz. Sebastian Danchin, directeur artistique du festival et spécialiste justement renommé de la musique populaire afro-américaine, est à l'origine de cette programmation. Qu'il en soit remercié ! La chanteuse «fait le show», dans la grande tradition, mais le respect de l'idiome est là, profondément ancré . Soul et funk laisseront aussi place à un blues torride, émaillé de chorus instrumentaux de la plus belle eau. Malgré le crachin obstiné qui pourrait gâcher la fête pour ceux qui n'ont pas trouvé abri sous le très grand velum, la chanteuse « met le feu » et l'incendie des âmes (le propre de la soul music?) n'est pas prêt de s'éteindre dans le cœur des spectateurs.

Xavier Prévost

Prochains week-ends thématiques au Paris Jazz Festival : Espagne le 9 juillet, Arménie le 16, musique afro-cubaine le 23, et rencontres classique & jazz le 30. Détails sur le site www.parisjazzfestival.fr

Toni Green sur la scène du Paris Jazz Festival au Parc Floral

Toni Green sur la scène du Paris Jazz Festival au Parc Floral

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Published by Xavier Prévost - dans Compte-rendus de concerts
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commentaires

Vero 05/07/2016 16:25

J'aurais vraiment aimé assisté à ce concert du Daniel Humair Quartet, groupe fidèle du Paris Jazz Festival au Parc floral de Paris. Humair est l'un des plus grands, sinon le plus grand batteur de jazz du monde. Une fluidité de jeu... Un spectacle aussi musical que esthétique...