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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 11:30
THE BAD PLUS : «  It’s hard »

Okeh 2016
Ethan Iverson (p), Reid Anderson (cb), David King (dms)

20 ans après la révolution « Bad Plus », les révolutionnaires sont , comment dire, un peu moins révolutionnaires.
Et pourtant le temps peut bien passer sur le trio de Minneapolis, il n’en reste pas moins que ces trois-là ont véritablement laissé leur empreinte sur la conception du piano trio-basse-batterie dans le jazz et que, bien qu’imités souvent ils n’ont jamais été égalés. Le son et la façon de tout déstructurer rend ce trio-là reconnaissable entre tous.
De quoi, si j’étais redan chef d’un grand magazine de jazz, leur faire une « Une « spéciale ». Moi c’que j’en dis…..

Ce nouvel album conçu autour de reprises très hétéroclites de Prince, de Kraftwerk, de Peter Gabriel et même de Cindy Lauper (Time after time jadis repris par Miles lui-même) nous frustre un poil de ne pas entendre les superbes compositions de Reid Anderson. Mais le travail qu’ils réalisent autour de ces véritables standards est un régal de bout en bout. Toujours avec The bad Plus, le même choix cornélien qu’ils ont choisi de ne pas résoudre entre respect de la forme et souci de la déstructuration métodique. Toujours avec The bad Plus, le même souci que chaque membre du trio puisse s’entendre comme partie autonome d’un tout. Certes ils se sont un peu assagis et même attendris. On les entend plus doux et plus gentils sur certains titres. Un peu plus conciliants. Mais à l’inverse ils touchent et émeuvent comme sur cette très belle reprise de The beautiful ones de Prince. Et je sais pas vous mais moi, toujours ils me fascinent comme s’il s’agissait de rentrer dans une oeuvre moderne de Paul Klee et qu’au delà de l’apparente fluidité il s’agissait aussi d’en comprendre l’intelligente modernité.
Enregistré à Brooklyn avec leur fidèle igné-son, Peter Rende, «It’s Hard » nous remet sur les rails de The Bad Plus dont ils s’étaient éloignés quelque peu ( après avoir signé un magistral Sacre du Printemps qui fera certainement date dans l’histoire du jazz).
On les retrouve ici avec quelques cheveux blancs mais avec la foi intacte. Et loin prend toujours le même pied !
Jean-Marc Gelin

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Published by Jean-Marc Gelin - dans Chroniques CD
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