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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 09:26
Niels Petter Molvaer, ou la relation Nord-Sud


Il affiche une décontraction qui fait plaisir à voir, Nils Petter Molvaer en ces premiers jours de septembre. Tout à la joie de retrouver ses comparses norvégiens pour donner la musique de Buoyancy (flottement en français), album qui vient de sortir dans les bacs, mais qu’ils n’ont guère eu l’opportunité de jouer sur scène. Le lendemain, le 9 septembre, sur la scène de La Villette, le trompettiste enchaînera les titres avec sérénité et cette légèreté qui constitue sa signature depuis deux décennies.
Les DNJ : Ici même à La Villette, Miles Davis donnait son dernier concert européen voici 25 ans. Ecoutez-vous encore sa musique ?


-Nils Petter Molvaer : J’aime bien On the Corner. Mais pour être franc, je n’écoute pas beaucoup de musique et surtout pas mes vieux enregistrements (rires). C’est un peu par périodes et pour cela Spotify est formidable.

Les DNJ : Vous considérez-vous comme un représentant de la culture norvégienne ?

Nils Petter Molvaer : Je ne réfléchis pas en termes de culture norvégienne. Je suis très content de jouer avec des musiciens norvégiens. Mais je suis beaucoup plus intéressé par la rencontre des cultures que par la défense d’une seule culture, même si c’est la mienne.

Les DNJ : Vous êtes fidèle à votre pays natal …

Nils Petter Molvaer : Je vis toujours dans une île, Sula, où je suis né. L’air y est très frais et ma famille est là-bas, mes parents et mes enfants. Quand je ne suis pas en tournée, plus de deux cents jours par an tout de même, j’essaye de vivre comme tout le monde, travailler mon instrument, écrire de la musique de 10 h à 15 h, et aussi marcher dans la campagne, aller à la pêche. J’aime beaucoup cet équilibre entre la vie de musiciens itinérant qui est amené à rencontrer des gens partout dans le monde et la vie à la maison en famille pour penser à la musique, composer.

Les DNJ L’envie de vous installer à New-York, comme nombre de jazzmen européens, ne vous taraude pas ?

Nils Petter Molvaer : Je pourrais vivre à Paris, à Berlin mais à New York, ce serait impossible. Tout simplement parce que ce serait un cauchemar sur le plan financier. Vous savez bien que les jazzmen new yorkais viennent gagner leur vie à Paris (rires).

Les DNJ : Depuis vingt ans, et la sortie de Khmer, vous mariez jazz et électronique. Peut-on encore réaliser des découvertes sur ce terrain ?

Nils Petter Molvaer : Il y a toujours des découvertes à effectuer. Dans mon dernier disque, Buoyancy, nous sommes restés une semaine en studio mais j’ai ajouté des sons par la suite, comme par exemple des bruits entendus la nuit dans une île en Indonésie.

Les DNJ : L’an prochain, vous serez à nouveau à l’affiche à Paris pour un projet avec le danseur-chorégraphe Nicolas Le Riche. Vous composez également pour le cinéma. Vous avez crée votre propre label. C’est un plan de carrière ?

Nils Petter Molvaer : Je n’ai jamais pensé à contrôler ma carrière. J’aime bien cette incertitude, la rencontre de gens, le voyage en général. Mais dans le même temps, je veux me montrer aussi précis que je le peux dans l’expression musicale.

Jean-Louis Lemarchand

Buoyancy. Nils Petter Molvaer (trompette, electronique, voix), Geir Sundstol (guitares, banjo), Jo Berger Myhre (basse, electronique), Erland Dahlen (batterie, piano, xylophone). Sony-Okeh.

Niels Petter Molvaer, ou la relation Nord-Sud

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Published by Jean-Louis Lemarchand - dans Interviews
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