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17 mars 2017 5 17 /03 /mars /2017 18:41
Roberto Fonseca: « la musique cubaine est simple et… compliquée »

Propos recueillis par Jean-Louis Lemarchand
Il a choisi de titrer son dernier album, Abuc, palindrome pour Cuba. Natif de La Havane, Roberto Fonseca entend bien jouer avec la musique cubaine en toute liberté, quitte à secouer les traditions. Le pianiste quadragénaire a mobilisé ses complices de l’Orquesta Aragon, un percussionniste brésilien (Zé Luis Nascimento) et le (remuant) tromboniste néo-orléanais Trombone Shorty pour un voyage musical à sa guise, au fil de ses propres compositions à l’exception (notable) d’un titre-hommage de Ray Bryant (Cubano Chant).
Les DNJ: Comment expliquez-vous que la musique cubaine résiste aux modes ?
Roberto Fonseca: Il y a quelque chose de magique qui n’a pas besoin d’explication (sourire). Nous les cubains venons d’un petit pays mais nous avons une forte tradition rythmique et mélodique. Quand vous mariez ces deux éléments, vous avez la musique cubaine, qui est belle et rend les gens heureux. Pour nous, c’est simple mais pour ceux qui ne connaissent pas le rythme cubain c’est compliqué. C’est un peu comme le reggae, cela paraît simple.
-Vous résidez toujours à Cuba. N’êtes-vous pas tenté  de vivre à New-York, à l’instar de nombreux musiciens cubains dans le passé ?
-Je vis à La Havane où je suis né et je n’ai jamais pensé à m’installer à New York. Mais nous sommes très proches des Etats-Unis. Les relations entre les musiciens cubains et nord-américains ne datent pas d’hier. Et aujourd’hui beaucoup de musiciens cubains vont jouer aux Etats-Unis et nombreux sont les musiciens américains qui aimeraient venir à Cuba.  Quant à moi, actuellement, j’aimerais bien vivre deux-trois mois par an à Paris, une ville plus romantique.  Plus généralement, je suis toujours ouvert à de nouvelles collaborations. C’est la meilleure façon d’enrichir ma musique.
-Quels sont les avantages de la notoriété que vous avez acquise ?
-C’est beaucoup plus facile. Je peux me concentrer sur un projet. Je n’avais pas vraiment l’intention de diriger un groupe mais c’est arrivé comme cela quand Ibrahim Ferrer m’a demandé de devenir directeur artistique du Buena Vista Social Club. En tant que leader, j’essaie toujours d’écouter les autres musiciens du groupe. Se comporter en artiste, c’est être capable de prendre conseil et d’avoir l’esprit ouvert.
-Sur ce dernier album, vous revenez à vos premières amours avec les percussions …
-Dans ma jeunesse, j’ai commencé à jouer des congas mais j’avais un frère qui était déjà percussionniste. Mon père, qui lui-même jouait des percussions, a estimé qu’il suffisait d’un seul autre percussionniste dans la maison où nous vivions à cinq  ! Il m’a convaincu d’apprendre le piano, un instrument plus mélodique et qui m’a permis aussi de pratiquer les claviers. Je dois beaucoup à ma famille qui baigne littéralement dans la musique, ma mère  chante, et j’ai un frère et un oncle musiciens.

Abuc. Roberto Fonseca (piano, claviers, vocal, percussions),Yandy Martinez (basse), Ramsès “Dynamite”Rodriguez (batterie, percussions), Trombone Shorty (trombone), Eliades Ochoa, Rafael Lay Bravo, Roberto Espinosa Rodriguez, Daymé Arocena, Carlos Calunga (vocal), Manuel “Guajiro”Mirabal (trompette), Zé Luis Nascimento (percussions). Impulse-Universal. Octobre 2016.
Roberto Fonseca est en concert à La Cigale (Paris) le 21 mars.

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Published by Jean-Louis Lemarchand - dans Interviews
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