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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 17:06

Maxime Fougères (guitare), Yoni Zelnik (contrebasse), Antoine Paganotti (batterie)

Yerres, octobre 2016

Gaya Music Production GAYA 033 / Socadisc

 

En 2012, le guitariste avait enregistré un premier volume, dans la même configuration (augmentée de la présence du saxophoniste Julien Pontvianne), autour de la musique de Duke Ellington. Cette fois son dévolu se porte sur Wayne Shorter, autre compositeur majeur de la jazzosphère : beaucoup de thèmes des albums du label Blue Note de 1964-65, mais aussi At the fair, que Shorter avait enregistré pour son album «High Life» dans les années 90. Et puis Iris, créé par le quintette de Miles Davis en 1965 pour l'album «E.S.P.» ; Havona, compo de Jaco Pastorius pour Weather Report dans les années 70 ; et Barracudas, de Gil Evans, que Shorter avait repris en 65 dans son album «Etcetera». A ce répertoire très shorterien Maxime Fougères ajoute deux de ses compositions qui respirent le même esprit. Car c'est bien d'esprit qu'il s'agit, au delà de la lettre. Le guitariste fait partie de ces artisans de la musique que l'on voit toujours en bonne compagnie, tant leur présence est requise dès qu'une certaine exigence musicale est en jeu. J'ai lu dans une gazette que l'expression «musicien pour musiciens» conviendrait pour lui «si elle n'était aussi galvaudée». Eh bien galvaudons ! C'est bien de cela qu'il s'agit : un musicien recherché par ses confrères pour ses grandes qualités, et que l'on a plaisir à retrouver en leader pour exprimer un point de vue très personnel sur des œuvres monumentales. Tout y est : la compréhension optimale des thèmes, le respect du contexte d'émergence de chaque composition. Et pourtant la relecture est archi-personnelle : c'est le jazz, en somme, dont la culture profonde consiste à transfigurer tout matériau musical, avec une liberté qui n'exclut pas le respect. La métamorphose opérée sur Juju, en raison notamment du changement d'instrumentation par rapport à la version princeps, est éloquente : l'esprit est là, jalousement préservé, et pourtant la guitare s'envole, et même s'égare, pour notre plus grand bonheur. Il en va de même pour Deluge, issu du même 33 tours de Shorter, et ainsi de suite de plage en plage. Les deux compositions du guitariste procèdent de l'espace shorterien, où le sens de la forme, et le goût des sinuosités mélancoliques, prévalent. Quant aux thèmes de Pastorius et Gil Evans, ils sont tels que Shorter se les était déjà appropriés, et font ici l'objet d'une nouvelle O.P.A., car Maxime Fougères, en bon jazzman, sait bien qu'il serait indélicat de jouer un thème sans y porter sa marque. Un disque, et un guitariste, à découvrir, pour ceux qui n'auraient pas eu cette chance encore.

Xavier Prévost

 

L'album a paru fin février, mais le concert de sortie a lieu le vendredi 28 avril 2017 à Paris, au Sunset

 

Un aperçu sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=TuLSCbDkRF0

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Published by Xavier Prévost - dans Chroniques CD
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