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20 octobre 2017 5 20 /10 /octobre /2017 10:34
MARC COPLAND SOLO   NIGHTFALL

MARC COPLAND

Nightfall

Piano solo

Inner Voice jazz

www.innervoicejazz.com

www.marccopland.com

 

C’est en 2002 , avec le label SKETCH de Philippe Ghielmetti que Marc Copland, jusque là intéressé par le difficile exercice d’accompagnateur et la relecture de standards en trio avec Gary Peacock ou quintet (celui de John Abercrombie), s’est lancé dans l’art du piano solo avec le remarquable Poetic Motion. Il a pris goût à l’exercice et depuis sont sortis sur d’autres labels Time Within Time (Hatology, 2005) ou encore Alone( Pirouet, 2009).

La collaboration entre le producteur Ghielmetti et le pianiste s’est prolongée en filigrane et après huit longues années, Marc Copland °revient avec ce Nightfall ( en hommage à «La nuit étoilée» de Van Gogh qui orne la pochette), enregistré non pas à Arles où fut peinte la toile, mais à la Buissonne dans le Vaucluse voisin, sur le label du pianiste Innervoice jazz, créé entre temps en 2015.

Fidèle en amitié, Marc Copland fait appel comme sur les autres albums au poète Bill Zavatsky qui évoque dans son texte l’effet sidérant de la musique, son avènement. Bill Zavatsky qui connut Bill Evans est la discrète référence, incontournable à cet immense artiste.

Hommage  donc  pour commencer l'album à celui qui renouvela l’art du trio avec Scott La Faro, auteur de l’inoubliable « Jade Visions » ( Sunday at the village Vanguard, 1961 ). Marc Copland joue toujours  de cette fluidité dans le phrasé qui s’inspire sans imiter, échappant ainsi à l’ombre écrasante de Bill Evans. Suit la version du pianiste de cette nuit éclairante, dont l’éclat n’est pas sans rapport avec la peinture de Van Gogh. Sur les huit compositions de cet album Nightfall, trois sont dues à la plume de Marc Copland, construisant un espace sonore irisé, fait de délicates impressions. On est surpris et touché par le troisième titre « String Thing » qui sort du jazz, puisqu’il évoque une conversation sur les styles respectifs de ces musiciens extraordinaires des sixties-seventies Stephen Stills ( le virtuose) et Graham Nash (le chanteur pop anglais) qui marquèrent l’histoire musicale du rock et de la pop américaines. Au moment où le monde s’enflammait aux accents des guitares électriques déchaînées, CSN jouait des harmonies vocales sur fond de guitares fines et tapis de wah wah. Copland continue à rendre hommage aux cordes sensibles, des guitaristes ou contrebassistes. Par ses harmoniques et couleurs, la musique du pianiste distille une secrète mélancolie, un art poétique où surgissent avec force les maîtres comme le contrebassiste Gary Peacock, les amis et partenaires guitaristes Ralph Towner et John Abercrombie ( ce sont les deux titres qui terminent l’album).

Même si l’apparence du souvenir s’impose, le pianiste s’attache et s’attarde à recréer du sens, à faire circuler une poésie. Autant de signes qui ne répondent pas seulement à la nostalgie mais à l’essence même du jazz qui revient, revisite, reprend, réinterprète. S’empare et transpose.

Avec ce pianiste qui s’inscrit dans une tradition bien comprise qu’il aime à prolonger, nous pénétrons au cœur d’une belle aventure, d’une vraie esthétique jazz.

 

Sophie Chambon 

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