Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 22:00

Pierrick Pédron (saxophone alto), Carl-Henri Morisset (piano), Thomas Bramerie (contrebasse), Greg Hutchinson (batterie)

Meudon, 4-6 décembre 2016

Crescendo 5772624 / Caroline

 

Après avoir circulé dans tous les jazz(s) et leurs entours, Pierrick Pédron revient au jazz de stricte obédience pour ce disque en quartette, avec un répertoire de compositions originales forgées dans la pureté du minerai originel. J'ai lu et entendu citer à son propos, ici ou là, Parker et Konitz. Quant à moi j'entends, derrière une indiscutable personnalité sonore et stylistique, le souvenir de Gigi Gryce. Fantasme d'amateur ? Probablement.... Mais la première composition, Unknøwn, me rappelle l'énergie sinueuse, un peu mélancolique, de ce Maître oublié.

Assez parlé du passé : le présent de Pierrick Pédron, c'est une indiscutable liberté, à l'égard des codes et des langages, tout en conservant l'horizon de l'idiome. Il est en cela remarquablement assisté : le jeune pianiste Carl-Henri Morisset fait montre d'une personnalité déjà très affirmée, dans une aisance pianistique et harmonique qui force l'admiration ; Thomas Bramerie à la contrebasse, de longtemps compagnon de route du saxophoniste, pose au fil des plages les jalons d'un langage maîtrisé qui ne craint pas l'aventure ; quant au batteur Greg Hutchinson, désormais résident italien, il apporte un drive manifestement issu de l'écoute passionnée des grands batteurs du jazz moderne, mais qui correspond admirablement à l'intensité de l'instant, ce miracle permanent d'un jazz sans faux-semblants. La deuxième plage, Mum's Eyes, Pierrick l'a dédiée à la mémoire de sa mère, et c'est dans la maison familiale, en Bretagne, qu'il a composé le répertoire de ce disque. Suit un thème inspiré par sa région natale, repris de son album « Omry », dans une version fort différente. De ballade mélancolique en tempo vif et escarpé, nous avons tout loisir pour parcourir le paysage intérieur de ce grand lyrique, qui caracole d'une hommage cursif au pianiste Mulgrew Miller à une segmentation presque cubiste (Trolls) en passant par un peu de langueur avec A Broken Reed. Un paysage exploré avec la (précieuse) complicité de Laurent de Wilde, réalisateur-conseiller artistique du projet. Et pour compléter ce parcours personnel, deux versions d'une même chanson du groupe Depeche Mode, Enjoy the Silence (millésime 1990), traitée comme ces standards langoureux dont de tout temps les jazzmen firent leur miel. Bref, je n'en dis pas plus : l'écoute, et les réécoutes, furent pour mois un profond plaisir et la galette recèle encore, je crois, quelques secrets. La marque d'un Grand Disque : je pèse mes mots, persiste et signe !

Xavier Prévost

 

Le quartette sera en concert le 20 octobre à Toulouse (festival 'Jazz sur son 31') et du 23 au 25 octobre à Paris, au Duc des Lombards

 

Un condensé-express (44 secondes ! ) sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=a54Lt9UJkcc

Partager cet article

Repost 0
Published by Xavier Prévost - dans Chroniques CD
commenter cet article

commentaires

  • : les dernières nouvelles du jazz
  • les dernières nouvelles du jazz
  • : actualité du jazz, chroniques des sorties du mois, interviews, portraits, livres, dvds, cds... L'essentiel du jazz actuel est sur les DNJ.
  • Contact

Les Dernières Nouvelles du Jazz

Chercher Dans Les Dnj

Recevoir les dnj