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4 octobre 2017 3 04 /10 /octobre /2017 17:22
BANDES ORIGINALES  Vincent COURTOIS/ Daniel ERDMANN/ Robin FINCKER

 

VINCENT COURTOIS/DANIEL ERDMANN/ROBIN FINCKER

Bandes originales

Label LA BUISSONNE

www.labuissonne.com

https://vcourtois.wordpress.com

 

On sait que certaines musiques deviennent partie intégrante du film. « Faire du cinéma, c’est faire de la musique» écrivait le regretté Alain Corneau, passionné de jazz, dans un Spécial jazz et cinéma de JAZZMAN  en mai 1998

 Si Miles a improvisé avec son quintet français la musique d’ «Ascenseur pour l’échafaud » en regardant les images de Louis Malle, que serait le cinéma de Fellini sans Nino Rota, les westerns de Sergio Leone sans Ennio Morricone et les films d’Hitchcock sans Bernard Herrmann ?

 

On peut faire confiance à Thierry Jousse quand il évoque musique et cinéma. Le producteur et animateur de l’émission( hélas disparue) Cinéma song le jeudi soir sur France musique est un expert dans ces deux domaines artistiques, l’un des premiers à avoir célébré les musiques de film, à ne pas les considérer comme illustratives et répétitives. Et comme il l’écrit en exergue : « Alors le cinéma ? Oui et plutôt dix fois qu’une…Mais le cinéma remémoré, revisité, reformulé. »

Aussi était-il tout indiqué pour présenter le travail du trio Courtois/Erdmann/Fincker dans le bien nommé Bandes originales sur l’album produit par Gérard de Haro & RJAL, enregistré et masterisé il y a un peu moins d’un an au studio vauclusien de La Buissonne. Un producteur qui aime le cinéma et ses musiques, on se souvient du très beau travail de Stephan Oliva sur Bernard Hermann, ou sur le film noir.

 Dix films sont choisis aux univers et musiques aussi divers que Tous les matins du monde d’ Alain Corneau (Marin Marais), Plein soleil de René Clément (Nino Rota), Le Ballon rouge d’Albert Lamorisse ( Maurice Leroux),Take The Money And Run de Woody Allen (Marvin Hamlisch), L’Affaire Thomas Crown de Norman Jewison ( Michel Legrand), E.T The Extra Terrestrial de Steven Spielberg ( John Williams)…. 

Qu’est ce qui présida à la sélection des thèmes, est-ce un goût commun pour des films français comme Plein Soleil, Hiroshima mon amour, Le Rayon vert ? Le matériau exceptionnel des compositions de Michel Legrand, John Williams ? Ont-ils compris en remarquables improvisateurs et auteurs de musique tout le parti pris qu’ils pouvaient tirer avec leurs instruments de certaines mélodies? Ils ont réussi assurément à faire remonter en eux, au cours de leurs improvisations, ce qui  en subsistait de plus fort. Dans "Plein Soleil", "His eyes, Her eyes", "E.T" l'amateur se régalera à retrouver le thème détourné, retourné, ou souterrain. Mais que l'on connaisse ou non les originaux, on se piquera au jeu de cette nouvelle aventure musicale. Les divers motifs de ces films vont s’enchaîner à leur tour, écrivant une autre B.O, celle d’un film imaginaire, film-miroir que la formation intègre à sa manière «propre».

Dans le cas de Paris qui dort (1923) le premier film de René Clair, c’est encore plus fort puisque c'est à l’exercice de ciné concert que le trio s’est livré, la musique de ce film muet n’existant pas.

Ce trio que l’on affectionnait particulièrement dans Mediums et West, continue son engagement avec la Buissonne, on le retrouve particulièrement inspiré, avec un art savant de la construction, enchaînant des pièces obsédantes, magnifiées par ces instruments au timbre du milieu, le saxophone ténor étant proche du registre du violoncelle. Robin Fincker apporte à cette combinaison inédite la nuance de la clarinette. De toute façon, ces trois-là savent s’ajuster, se répartir les rôles avec élégance, se les passer de l’un à l’autre, en virtuose.

On écoute cette musique d’un bout à l’autre avec ravissement, les variations subtiles, comme les pièces originales de Vincent Courtois. Le violoncelliste continue à tirer tous les effets de son instrument, passant du baroque à l’archet à un swing ou une tarentelle endiablée, maîtrisant l’art et la manière de faire résonner ces cordes sensibles. C’est l’une des formations les plus saisissantes qu’il m’ait été donné d’entendre dernièrement, capable des plus beaux unissons, à l’aise pour renouveler l’art de la répétition jusqu’à la transe, véritables compositeurs de cette matière si vivante, la musique de film. Une musique exigeante, qui est pourtant immédiatement accessible. Une réussite des plus convaincantes.  

 

Sophie Chambon

 

 

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