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1 novembre 2017 3 01 /11 /novembre /2017 16:05

« Des images vagabondent qui racontent mon histoire ». Ainsi Louis Sclavis définit-il son dernier album « Frontières ». En revisitant, malaxant quelques-unes des musiques composées pour l’image-des films et une exposition de photos, le clarinettiste offre sa vision du monde et son approche sensible. Une facette de sa personnalité bien différente –mais « pas antinomique », insiste-t-il -de ses performances free. Libre Louis Sclavis l’est toujours, qu’il rencontre le succès grand public –Carnet de routes, avec Aldo Romano, Henri Texier et Guy Le Querrec, vendu à plus de 200.000 exemplaires pour les trois albums- ou cultive l’avant-garde dans son œuvre chez ECM (12 disques à ce jour) ou encore travaille à Buenos Aires avec de jeunes musiciens, une de ses dernières aventures.  Entretien.

#luc jennepin

 


DNJ : En 2008, vous aviez sorti « La moitié du monde », (JMS-Sphinx) une sélection de 40 pièces écrites pour le cinéma, la danse, le théâtre. « Frontières » s’inscrit dans cette même démarche artistique ?
Louis Sclavis : J’avais envie de monter ce nouveau projet avec Jean-Marie Salhani (producteur et patron de JMS). Cela enrichit une collaboration vieille de 25 ans !  J’ai retravaillé des musiques composées pour des films, surtout des documentaires. J’ai étiré, rajouté pour constituer une histoire.

DNJ : Comment travaillez-vous pour l’image ?
LS : Je ne suis pas un compositeur de musiques de films. Ce n’est pas mon métier. Je suis un compositeur qui fait des musiques pour le cinéma. L’important pour moi c’est de trouver la couleur sonore du film. Alors on a fait la moitié du travail. J’insiste sur la mélodie, cela me tient à cœur Je suis là pour servir le film, satisfaire le réalisateur qui prend la décision, a le final cut, et pas pour mettre mon ego en avant. Il faut accepter l’idée que tout un travail puisse passer à la trappe (rires). C’est le jeu du cinéma.

DNJ : En quarante ans, vous avez vu le monde du jazz évoluer. Comment  résistez-vous à ces changements ?
LS : Il faut lutter, ne pas se plaindre, on va s’en sortir. Il y aura toujours besoin de ce que l’on fait. Bien sûr, il faut inventer, nous sommes des créateurs. Et puis, il faut être affuté, je le dis depuis que j’ai commencé à jouer voici plus de quarante ans. Il faut être discipliné et …accepter la douleur à un certain âge (sourires). L’état physique peut avoir plus d’importance que l’inspiration. C’est le corps qui détermine l’expression, on ne peut le séparer de l’esprit. Il faut composer avec le corps. Le style c’est le corps.

Propos recueillis par Jean-Louis Lemarchand

Frontières. Louis Sclavis. Avec Louis Sclavis (clarinettes, flute), Dominique Pifarély (violon), Bruno Chevillon (basse), Christophe Lavergne (batterie), Vincent Peirani(accordéon), Gilles Coronado (guitare), Benjamin Moussay (piano), Keyvan Chemirami (percussions), Vincent Courtois (violoncelle). Musiques des films  La Porte d’Anna, Dessine toi, Nelson Mandela au nom de la liberté, Niki un rêve d’architecte et de l’exposition de photos Chibanis, la question. Octobre 2017. JMS/Sphinx distribution.
En concert  en novembre : Grignan (26) les 3 et 4, Lingolsheim (67) le 16, Lens (62) le 24 ;

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