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8 janvier 2018 1 08 /01 /janvier /2018 10:55

Enrico Pieranunzi (piano), Mads Vinding (contrebasse), Alex Riel (batterie)

Copenhague, Jazzhouse, 11 novembre 1997

Stunt STUCD 17072 / Una Volta Music


 

Sous titré «Mads Vinding Trio Live in Copenhagen 1997», c'est un enregistrement de concert contemporain du disque publié par le même label sous le nom de Mads Vinding et intitulé «The Kingdom (Where Nobody Dies)», disque qui avait connu une belle reconnaissance. Ce trio est en effet exceptionnel, qui associe le pianiste italien à deux figures danoises de la scène européenne : Mads Vinding, l'un des contrebassistes favoris de Martial Solal, et de bien d'autres ; et Alex Riel, qui a joué avec plusieurs générations de jazzmen américains, de Don Byas et Ben Webster à John Scofield en passant par Bill Evans, Kenny Drew, Dexter Gordon, Jackie McLean, Wayne Shorter.... C'est dire que l'on est en présence de Maîtres de l'idiome, qui pourtant ne se contentent pas de rejouer l'histoire dans sa version formolisée. C'est très vivant, dès les premières secondes, avec une version de Yesterdays qu'inaugure une introduction mystère et qui prouve, une fois de plus, que l'on peut jouer les standards sans redonder. C'est un enregistrement sur le vif, avec la liberté que procure ce type de circonstance, et les trois partenaires ne se privent pas de l'espace offert par ce contexte. Standards, oui, mais au sens large, avec ce standard du jazz créé par son compositeur, Gary Peacock, dans l'un de ses premiers disques en leader («Tales of Another», 1977) dont le pianiste était.... Keith Jarrett : il s'agit de Vignette, dans une vision renouvelée qui n'a rien à envier à la version princeps. Après une relecture incroyablement inventive de Jitterburg Waltz, le trio s'offre un détour par une très belle composition de Pieranunzi, avant de replonger dans les classiques : My Funny Valentine (version revisitée, et avec de beaux contrepoints) , My Foolish Heart (métamorphosé aussi), et de conclure sur une chanson assez peu jouée par les jazzmen (parmi lesquels Coltrane, Tal Farlow, Laurent Coq.... et Pieranunzi déjà en 1984), If There Is Something Lovelier Than You, de Howard Dietz et Arthur Schwartz (et non de Howard Schwartz comme l'indique le verso du CD....). Tout cela respire l'invention, avec de beaux solos de basse, des improvisations inspirées du pianiste, et une pertinence du jeu de batterie qui fait regretter que, parfois, l'enregistrement ne lui donne pas davantage de présence. Beau trio, et un enregistrement qu'il aurait été vraiment dommage de condamner aux outrages de l'oubli.

Xavier Prévost

 

Enrico Pieranunzi sera présent à Paris, avec un autre trio (Diego Imbert & André Ceccarelli) le samedi 13 janvier 2018 à Radio France (20h, au studio 104) pour un concert 'Jazz sur le Vif' ; en première partie du concert le duo Claudia Solal-Benjamin Moussay

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