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28 janvier 2018 7 28 /01 /janvier /2018 11:01

PIERRE DE BETHMANN: «  Essais - Vol.2 »
Aléa 2018
Pierre de Bethmann (p), Sylvain Romano (cb), Tony Rabeson (dms)


Pour son volume 2, Pierre de Bethmann nous revient avec un petit bijou ! Un de ces monument dans l’exercice du trio jazz qui fera date sinon dans les belle pages de cette histoire, du moins dans la carrière du pianiste.
Il y a tout dans cet album ! Alors par quoi commencer ? Faut il parler de l’évidence qui semble couler sous les doigts du pianiste, qui s’exprime toujours dans la mesure et dans l’élégance ? Faut il parler de ce sens inoui de l’improvisation ? Sur des thèmes parfois connus, Pierre de Bethmann est ainsi capable de nous emmener sur des terres ignorées. Ainsi sur Je bois, de Boris Vian où le pianiste va loin, très loin sans jamais nous perdre un instant. Et que dire de cette façon de transcender l’anodin. De transfigurer de jolies mélodies ( Belle île en mer) qu’il amène au jazz avec brio. On avait déjà entendu un belle version jazz du Chant des Partisans dont Giovani Mirabassi en avait fait une belle oeuvre ( «  Avanti !). Pierre de Bethmann l’amène encore ailleurs.
Et il ne s’interdit rien, Pierre de Bethmann, Jusqu’à faire de Lascia La Spina ( de Haendel tiré de l’opéra Almira) une sorte de standard.
Il y a chez Pierre de Bethmann une forme d’explorateur des thèmes qu’il va fouiller dans les moindres recoins harmoniques pour se les approprier complètement. Toujours ancré dans les racines du jazz, qu’il joue en trio ou en solo, Pierre de Bethmann exprime ici un sens de l’improvisation intelligent et heureux à la fois. En l’entendant je pense à des illustres aînés comme Sony Clark, Red Garland ou comme Phinéas Newborn. Et parfois, osons-le du Bd Powell comme sur cette version de Miss Ann ( de Dolphy). C’est peu dire !
Et puisque l’on parle du trio, il faut souligner aussi le rôle incroyable de Tony Rabeson qui ose et prend des risques, qui bouscule aussi. Depuis combien de temps n’avait t-on pas entendu un batteur qui affirme autant sa présence sans dénaturer le trio, osant un jeu de cymbales comme un Jack de Johnette flamboyant ?
On vous le dit, il y a tout dans cet album. Il fera date.
Jean-Marc Gelin

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