Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
29 avril 2018 7 29 /04 /avril /2018 20:42

Sony  Legacy 2018
Musiciens : trop de noms mais juste quelques noms : Keyon Harold (tp) + Marcus Strickland (ts, bcl), Nir Felder (g), Robert Glasper (p), Scott Tixier (vl), Burniss Travis (b)


More is more !
Voilà une album du trompettiste qui ne manque pas d‘envergure et de souffle. Admirablement « mis en scène » grâce à la collaboration de l’incontournable Robert Glasper, le nouvel opus de Keyon Harrold enregistré à Los Angeles est bien ancré dans son époque, entre nappes électriques, hip-hop et urban music. Travail d’orfèvre qui pourrait s’apparenter à un manifeste des temps modernes mais aussi travail sur le son, travail sur la musique, travail sur les arrangements, sur les voix et sur les textes, « The Mugican » a presque tout pour en faire un grand disque sur lequel survole un trompettiste de très haut vol qui marche dans les traces de Jeremy Pelt, ou de Christian Scott.
Keyon Harrold n’est pourtant pas un perdreau de l’année, lui qui multiplie les collaborations avec Rihana, Eminem, Gregory Porter etc… Excusez du peu.
Tout est flamboyant dans cet album. Qu’il s’agisse des chansons ou des orchestrations sur lesquelles le trompettiste, au service d’autre chose que de lui-même apporte une brillance servie par une technique de très haut niveau. Derrière lui c’est aussi toute une mécanique ultra bien huilée qui se met en branle portée aussi par un Marcus Strickland toujours aussi powerfull et un Nir Felder étirant les notes en nappes de velours ( Ethereal sounds).
Harold est bien ancré dans son temps. Celui des Glasper, des Meshell, de Kendrick. Ce temps qui syncrétisme autour du jazz toutes les tendances actuelles de la musique « savante » noire américaine.  Et dans ce temps d’ici et d‘aujourd’hui le trompettiste s’engage et délivre des messages ainsi que tous les artistes noirs américains le font régulièrement au gré de leurs productions, Broken news ou When will it stop sonnants ainsi comme un plaidoyer manifeste contre l’Amérique de Trump.
On note une magnifique composition de Keyon Harrold, Stay with me sublimée par les chanteurs Bilal et Big K.R.I.T, composition qu’aurait pu s’approprier David Bowie tant elle semble proche de so  esthétique.
Tout au long de l’album les lignes de basse de Burniss Travis imposent un groove sourd et répétitif sur lequel Harold s’envole. Il faut écouter ce dernier sur Bubba Rides again. On comprend que l’on est en présence d’un grand artiste capable de tout emballer.
Harrold sait allumer le feu et embraser la scène.
Jean-Marc Gelin

KEYON HARROLD  : » The mugician »
Partager cet article
Repost0

commentaires