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13 novembre 2018 2 13 /11 /novembre /2018 08:33
CHRISTOPHE MONNIOT/DIDIER ITHURSARRY  HYMNES A L'AMOUR

CHRISTOPHE MONNIOT DIDIER ITHURSARRY

HYMNES A L'AMOUR

Disponible le 16 Novembre

ONJ RECORDS/L'AUTRE DISTRIBUTION

Concert de sortie d'album / 7 Décembre à LA DYNAMO DE PANTIN mais également le 30 NOVEMBRE 0 AIX EN PROVENCE au PETIT DUC. 

 

Un duo sensible et insolite que vous n’oublierez pas dès que vous aurez entendu cette "Biguine pour Sushi». La fantaisie est assumée dès le premier titre, l'émotion aussi. Quand ils entonnent une biguine ou une valse, ou reprennent ce paso doble "España cañi"que tout le monde connaît, même sans fréquenter les arènes, c'est pour mieux l'arranger ou le déranger. Comme des rappels d’un autre temps, réminiscences d’une histoire aimée, populaire, nostalgique. Ils dévoilent souvent le thème avec finesse et invention, se laissant aller au jeu des citations et associations libres. D’où une certaine familiarité que l’on ressent dès la première écoute. Ce Normand et ce Basque ont tous les deux animés des bals, voire commencé par là comme Michel Portal, ils reprennent d'ailleurs en le rafraîchissant "Passion", le tube de l'accordéoniste/bandonéonniste Tony Murena, très tôt attiré par le jazz. Christophe Monniot était d'ailleurs entiché à ses débuts en 2001, dans La Campanie des Musiques à ouïr, de notre Yvette Horner nationale et il eurent une vraie rencontre, un décalage d'oreille, ils avaient repris une composition du saxophoniste "La bourrée des mariés". Vous en souvenez-vous?

Dans l'imaginaire collectif, l'accordéon est associé à la musique populaire, au folklore et à la chanson. Instrument très complet, il est un véritable orchestre à lui seul, avec ses deux claviers, et plusieurs registres, comme sur un orgue.

Ce n'est pas pour autant du musette à l'image, hélas ringarde trop souvent, que jouent nos compères, c'est de la musique populaire savante.

Tout un répertoire à redécouvrir, des formes empruntées aux traditions, une certaine oralité, une musique différente en matière de phrasé et de sentiments. Certains morceaux sinuent autour d'images, d'obsessions clair obscur, tout un monde qu'ils explorent en funambules du sentiment, en affranchis de la rigidité des genres et des catégories. Ils créent des miniatures que l'énergie du live rehausse, des bibelots sonores exquis. Une musicalité savamment construite, dont le fond populaire est détourné avec une sophistication assumée. L'accordéoniste sait s'adapter, canaliser parfois certaines envolées de son comparse, vrai Pierrot lunaire. Ces deux là se cherchent et s'harmonisent avec élégance. Le deuxième titre "Nadir's"(C. Monniot) d'écriture complexe, paraît évident et lumineux à l'écoute. Et pourtant quelle mélancolie dans certains passages, dans le souffle déchirant du sopranino, vite contrebalancé par des pirouettes vertigineuses et ludiques. On entend tellement de nuances dans cette musique qui résonne en profondeur et réveille les sens, et toujours des échos insolites et nostalgiques au jazz des pères (Ellington, Gershwin même). Un équilibre irrésistible entre les deux musiciens, qui se complètent avec générosité.

 

Sophie Chambon

 

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