Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
11 novembre 2018 7 11 /11 /novembre /2018 15:45
GONAM CITY    MARC BENHAM QUENTIN GHOMARI
GONAM CITY    MARC BENHAM QUENTIN GHOMARI

https://soundcloud.com/gonamcity

Concert de Sortie du disque le 16 NOVEMBRE au TRITON

COLLECTIF MUSICAL PEGAZZ & L'HELICON

www.pegazz.com

NEUKLANG/BAUER STUDIOS

www.neuklangrecords.de

Un duo atypique? Pas vraiment, puisqu'il s'agit du trompettiste de PAPANOSH, Quentin Ghomari et d'un pianiste Marc Benham, dont on connaît à ce jour deux albums en solo, sortis chez Frémeaux&Associés, Herbst, Solo piano en 2013 et Fats Food, autour de Fats Waller en 2016. Une association poétique qui allie deux instrumentistes délicats qui se délectent autant à reprendre des standards (Bud Powell, Sydney Bechet, T.S. Monk...) qu'à jouer avec la libre improvisation. C'est à l'ampleur de la voix, à la fascination du chant que le duo se livre dans une expression libre. On peut admirer leur courage quand ils s'attaquent à des bijoux mélodiques comme "Celia" où le trompettiste s'élance à vive allure, sur les pas de Bud Powell, en gardant ce tempo vif et une durée similaire à l'original. Suit un"Petite fleur" très réussi qui étire sa plainte, la chanson devient ainsi plus que lente et triste. Un accord en demi-teinte, intimiste. La plus réussie des reprises, ce "Misterioso" bancal à souhait, s'emballe même en stride, tourné en dérision par la version du duo (avec même une légère citation de "Tea for Two"). Le pianiste accompagne, soutient, relaie le trompettiste qui s'envole avec une frénésie légère. On comprend mieux, au fil de l'écoute l'appellation de "strideman spatial" bien que le versant stride soit nettement préféré. On sent une énergie frémissante dans ces échanges, une belle interaction dans les improvisations complices, constamment sous tension . La trompette assurément ne manque ni de force, ni de délicatesse. Ces deux là savent brosser tout un arrière-pays dans des tonalités sourdes comme dans "One for Francis" ou dans des envolées qui swinguent (mais oui) dans "Mézozoïque" ou dans le virevoltant "Background music". 

Une étrange familiarité s'installe dès la première écoute. Avec ces rappels d'un autre temps, réminiscences d'une histoire aimée, celle de cette musique. Avec cet album spontané et fraternel, qui exalte la rencontre, on se plaît à s'installer de façon durable dans un rêve éveillé, recueil de petites pièces alertes, lyriques aussi (le final "Terrarium" est même poignant). Captivante de bout en bout, cette musique sensible se risque dans le souffle, tente la déclaration sans affrontement. Après cette mise en bouche, on a hâte de les entendre en live.

 

NB: surprise et bonus final avec ce "ghost title" numéro 12, où ils enchaînent un standard qu'ils reprennent avec maestria -on croirait à une fin de bande avec les magnétos qui continuent à tourner ...

 

Sophie CHAMBON

Partager cet article
Repost0

commentaires