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17 mars 2019 7 17 /03 /mars /2019 15:21

MICHAEL FELBERBAUM «3Elements»

Michael Felberbaum (guitares électrique & acoustique), Frédéric Borey (saxophones soprano & ténor), Leonardo Montana (piano & piano électrique)

Pompignan, juillet 2017

Fres Sound New Talent FSNT 561 / Socadisc

 

On a pu lire, ou entendre, ici ou là à propos de ce disque, que l'instrumentation en était singulière. Certes, mais elle n'est pas inédite (se souvenir, parmi d'autres exemples, du trio de Wayne Shorter, Jim Hall et Michel Petrucciani en 1986). Mais l'essentiel est ailleurs, dans le projet nourri par le guitariste d'un tel alliage, et dans les rencontres qui lui ont fait choisir ces partenaires-ci plutôt que d'autres. Frédéric Borey, comme Leonardo Montana, est un esprit subtil, et leurs convergences musicales et esthétiques avec Michael Felberbaum sautent aux oreilles. Tous cela respire l'évidence, paraît naturel et spontané, même si manifestement cet objet est le fruit d'une culture partagée, culture du jazz bien sûr, mais aussi du contrepoint, de l'improvisation, et de ce goût du risque qui fait que l'on se jette dans des phrases interactives avec le sentiment que la réussite est au bout de la forme, même si l'on sait aussi que chacun peut être faillible. C'est la grandeur d'une conception collective de l'aventure musicale. Le disque commence par Italian Waltz : logique, le guitariste américain de Paris est né.... à Rome. «Valse mélancolique et langoureux vertige», on est au cœur du sujet. Les lignes se croisent, la tonalité s'aventure hors du cadre, les solistes sont en verve, le mélomane se régale. Puis la musique s'aventure vers des sonorités moins usitées, sur lesquelles la guitare, après avoir chanté dans la norme, s'aventure à son tour vers des sons mouvants, avant de reprendre le chemin coutumier ; puis l'aventure sonore reprend ses droits : belle leçon d'audace assumée. Après cette pièce qui donne à l'album son titre tout en dessinant l'horizon des possibles, une reprise du groupe Soundgarden tourne une autre page de douce nostalgie. Même climat ensuite, toujours très inspiré, avant un épisode plus rythmique où les accents des uns et des autres jouent un ballet qui oscille entre cache-cache et parfaite convergence. Vient alors une reprise très singulière de Mercedes Benz de Janis Joplin ; très folky, là où nous aurions attendu, par conformité avec nos souvenirs, une ironie désespérée : joli contrepied ! Puis c'est Lazy Man Blues, un thème sinueux que Michael Felberbaum avait enregistré dans un disque de Thomas Savy : là encore langueur et subtilité, un pur régal, comme d'ailleurs toutes les autres plages du CD : il y en a encore 5, courez les découvrir, la félicité est au bout du chemin.

Xavier Prévost

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Le groupe jouera à Paris au Sunside le 26 juin prochain

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Un avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=8XRWXAGnJOA

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