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17 novembre 2019 7 17 /11 /novembre /2019 14:59
@Aleski_Hornborg

 

C'était un concert en petit comité donné à l'Ambassade de Finlande à Paris.

Le pianiste finandais Iiro Rantala venait y présenter son dernier album (" My Finnish Calendar") publié chez Act cette année.
12 compositions autour des 12 mois de l'année qui donnent l'occasion au pianiste d'exprimer en musique ce que lui inspire sa vie finlandaise.
Derrière l'apparente mélancolie que pourrait inspirer le paysage finlandais (les clichés !), Iiro Rantala jette au contraire un regard aussi drôle qu'acerbe et attendri sur son pays et ceux qui l'habitent.
Totalement iconoclaste, inclassable, la musique de Rantala échappe aux longs travellings que l'on pourrait imaginer sur un paysage désolé pour aller chatouiller les oreilles avec autant de tendresse poétique que de gentilles railleries.
Et c'est un pianiste exceptionnel qui se révèle. Véritable kaléidoscope musical, parfois classique avec des airs de Rachmaninov (Octobre, Décembre) ou de Bernstein et émouvant sur des mélodies romantiques (Mars et Avril) ou brillamment primesautières (Juin) et drôles (May). Parfois flirtant avec le ragtime de Scott Joplin ou jouant avec le piano préparé ou frappé qu'im soit délié ou très percussif, Iiro Rantala est un pianiste libre qui ne se laisse enfermer dans aucun schéma musical.

Le pianiste donne chaque fois l'explication de ce que lui évoque chaque mois de l'année en Finlande. Caustique mais finalement si tendre envers les finlandais qu'Iiro Rantala se donnerait presque des airs de Woody Allen finlandais lorsque le réalisateur jette un regard aussi amusé qu'amoureux sur New-York et les New Yorkais.
Chaque morceau était précédé d'une présentation drôlissime du pianiste décrivant ce que lui inspire chaque mois de l'année en Finlande. Son Excellence riait (jaune) sous cape à l'évocation des névroses finlandaises ( l'argent, le sexe, les saunas, la depression et les vacances !)

Sans aucun cynisme mais avec une bonne dose de facétie (February), le pianiste évoque un brin de colère sombre (magnifique Décembre porteur d'un autre espoir que celui de Noël - bouleversant pour conclure l'album ).
Et malgré ce qu'Iiro Rantala peut dire sur son pays et ses habitants dépressifs et avaricieux, anxieux et parfois futiles, ces douze mois de l'année chargés d'émotions contraires nous invitent à ce voyage intime et nous prennent a rêver une année finlandaise
Brillant !
Jean-Marc Gelin

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