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4 novembre 2019 1 04 /11 /novembre /2019 23:06

LONGBOARD : «  Being wild »
Yolk Music 2019
Alban Darche ( sax, cl, clv, compos), Matthieu Donarier (sax, cl, compos), Meivelyan Jacquot (dms)


C’est un album très bel album protéiforme que signe le trio. Foisonnant d’idées, ce Longboard, jamais linéraire il dessine des contours et des sons pour former un imaginaire en mouvement.
Des flottements et des tensions lunaires côtoient des lignes mélodiques et des enchevêtrements. Des moments de rare poésie (Beauty and sadness ou Embrace the grace) emportent dans un imaginaire éthéré.
Alban Darche et Matthieu Donarier sont des souffleurs de rêves qui jouent avec les silences et les courbes de la musique. Elle caresse mais elle cogne aussi parfois ( The thin ice). Mais surtout dans cet album il y a aussi un sens du spectacle et de la mise en scène presque baroque (Elevation) dans une sorte de souffle continu.
Ces acteurs sont des acteurs. Et des acteurs danseurs qui jouent des pantomimes sonores.
Alban Darche et Matthieu Donarier se connaissent bien. Ils sont des piliers du label nantais Yolk qu’ils ont contribué à porter haut depuis près de 20 ans déjà avec Sebastien Boisseau ( récent recipiendaire mérité - mais honteusement en catimini - d’une récente Victoire du jazz). Les deux saxophonistes ( dont la proximité géographique n’a d’égale que celle esthétique) partagent le même goût de la complexité. Celle de géniaux compositeurs comme John Hollenbeck ou Steve Coleman (Cairo hipster). Mais à laquelle ils apportent un soin de calligraphe, comme des dessinateurs au ciel. Et c’est avec cette art de la composition protéiforme ( on l’a dit) qu’ils créent des moments de douceurs où au delà de la mélodie il y a la façon dont les saxophonistes  dessinent le son comme s'ils maniaient l'art du pinceau. Comme par exemple sur cette émouvante Boite à musique qui égrène le temps dans une infinie douceur nostalgique.
Et Meivelyan Jacquot, l’autre nantais de la bande y apporte le liant, le relief et parfois la rugosité avec un talent fou.
Captivant de bout en bout, Longboard refuse de se laisse enfermer dans un schéma musical pour nous captiver du début à la fin. C’est certainement ce que cela veut dire pour eux : being wild.
Jean-Marc Gelin

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