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26 mars 2020 4 26 /03 /mars /2020 14:36

Tim Berne(saxophone alto), Marc Ducret(guitares), Matt Mitchell (piano, piano bastringue, synthétiseurs), Oscar Noriega (clarinette basse, clarinette), Chess Smith (batterie, vibraphone, glockenspiel, tambour haïtien, gongs)

Rhinebeck (État de New York), 29 mai 2019

Intakt CD 340 / Orkhêstra

 

Premier réflexe légèrement cocardier : plaisir de voir arriver dans ce groupe (qui, sauf erreur, possède déjà 5 autres CD à son actif) le très unique Marc Ducret, complice de Tim berne dans quelques autres groupes (Caos Totale, Big Satan, Science Fiction, Bloodcount) et leurs CD. Et puis, dès la première plage, cette formidable sensation d'entrer dans un univers de maîtrise libertaire. Je m'explique. On commence par un thème que l'on pourrait qualifier de librement sériel (mais d'essence lyrique, comme cela s'entend chez Bartók). Et progressivement la musique se développe par prises progressives de libertés (surveillées, mais pas que....) par tous les musiciens. Ce qui nous épate dès l'abord, c'est la réactivité, l'interactivité, la qualité du dialogue entre tous les acteurs de cette folie créative. Ça fuse, ça jaillit, ça court-circuite, et pourtant le projet esthétique est patent, et de surcroît accompli. Tim Berne mène la danse, tant par ses propositions que par ses échappées, mais pas de bavardage, pas de complaisance, simplement de l'ardeur à dessiner un horizon musical ambitieux autant qu'inouï. Et la fête continue : échappée chambriste contemporaine soudain revigorée par le lancinement d'un motif de saxophone qui emporte ensuite tout le groupe, avant de s'ouvrir aux commentaires très libres de chacun. Comme une idée, désormais accomplie, mais sans ostentation de maîtrise, d'une liberté paroxystique. Cette magie opère de bout en bout, sur un répertoire imaginé par Tim Berne, augmenté d'une composition de Julius Hemphill, Dear Friend, inédite au disque me semble-t-il, et originellement conçue pour un trio ; merveille de pure musicalité recueillie. Et aussi l'assistance de David Torn sur l'ultime plage, solo de sax avec paysage électronique. Une absolue réussite d'une aventure musicale toujours en mouvement, jamais en panne de créativité. Ici la pensée musicale, la sensualité du son et l'émotion sont en parfaite symbiose. Admirable !

Xavier Prévost

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commentaires

S
J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et un blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers (lien sur pseudo) Au plaisir.
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