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7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 21:57

ALEXIS TCHOLAKIAN : «  Inner voice 2 »
2020
Alexis Tcholakian (p), Lilian Bencini (cb), Cédrick Bec (dms)

https://alexistcholakian.wixsite.com/alexis-music/news
http://alexistcholakian.wixsite.com/alexis-music/news

Alexis Tcholakian est une sorte d'artiste maudit. Hors des grands circuits de promo habituels il est presque devenu invisible aux yeux des grands diffuseurs.
Quelle injustice !
Car Tcholakian est ces pianistes intègre qui garde la cap. Fidèle à lui-même. À ses choix. Ceux qui lui viennent de son amour pour Bill Evans et Petrucianni duquel il sait se détacher pour y mettre aujourd'hui sa propre âme et sur lequel s'exprime une sensibilité à fleur de peau. Tcholakian a dépassé ses propres tropismes et s'ouvre désormais en quelque sorte à d'autres horizons harmoniques et rythmiques (écoutez par exemple ce très joli Cosi va la mia vita  magnifiquement écrit). Où la maturité du pianiste s'exprime avec une belle sérénité.
Chez Tcholakian, au delà de ses sublimes compositions (Fragile, absolument renversant) l'improvisation, la richesse de cette improvisation, coule de source avec une très rare élegance.  Il faut écouter justement la noirceur de ce morceau et son intemporalité pour se rendre compte que ce pianiste a de l'or sous les doigts.
Il n'y a pas chez lui de grandes impros introspectives. Chez Tcholakian au contraire elles sont toujours ouvertes et toujours au bord du coeur. Parfois à la manière des grands cubains. Parfois aussi il s'aventure sur des terres "petrucianiennes" (E&Y) ou monkiennes (Balo-baloos, baloos are). C'est qu'Alexis Tcholakian maîtrise l'histoire du piano jazz. Et aussi du trio, formant autour de lui une section totalement fusionelle.

Que l'on ne vienne pas nous dire qu'Alexis Tcholakian serait un pianiste classique sous prétexte qu'il ne se jette pas à corps perdu dans cette forme de jazz dilué dans de la pop éthérée. Tcholakian a trop de respect pour ses grands maîtres pour en suivre les traces sans besoin de les effacer. Sans besoin de les singer non plus.
Alexis Tcholakian respire le jazz.
Son album est aussi beau qu'inspiré.
Jean-Marc Gelin

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commentaires

C
Bravo ! Oui, Jean-Marc, tu as raison, il faut parler d'Alexis Tcholakian, pour son talent intrinsèque qui est grand - je me souviens encore de ce moment où j'ai bouclé, en Italie, la première chronique que je lui ai consacré dans Jazzman....mais pas seulement....<br /> Il faudra bien un jour avoir le courage de conduire les revues dites "spécialisées" à expliciter la démarche qui les conduit à chroniquer ou à ne pas chroniquer un CD (certains ont été assez abjects dans le genre, qui à part défendre très égoîstement leur soi-disant "pré carré" milesdavisien...), à les "coter" hors tout achat d'espace par exemple...idem pour certains patrons de club aux exigences léonines et aux pratiques assez douteuses...<br /> <br /> Tiens allez, pour rester positifs et enthousiastes, un musicien plus jeune, à suivre de près, le guitariste Simon Martineau dont le premier album "One" (liner notes : Stéphane Carini) n'a, semble-t-il, toujours pas eu les honneurs d'une presse assez contestable - comment ne le serait-elle pas quand elle tente de nous convaincre que LE guitariste en vue, et LE crooner à même de nous dé-covider n'est autre que T. Dutronc...Vive djangokiabondos....interprète bien connu et très "people" d'Heitor Villa-Lobos !<br /> Bien cordialement, SCarini.
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