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8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 20:54

SOPHIE ALOUR : «  JOY »
Music From Source 2020


Sophie Alour ( ts, fl, comps, arr), Mohamed Abozekry (oud, vc), Damien Argentieri (p, accd), Dinald Kontomanou (dms), Philippe Aerts (cb), + Wassim Halal (derbouka)

Au-delà des standards auxquels la saxophoniste nous avait habitué et sur lequel elle excellait, Sophie Alour jette des ponts entre jazz et orient à l’occasion d’une création réalisée en Mai 21019 dans le cadre du festival Jazz sous les Pommiers.
Jeter les ponts entre des cultures musicales différentes, rien de nouveau sous le soleil du jazz mais encore faut il avoir cette capacité de le faire. De s'adapter. De savoir dia-lo-guer !
Dans cette forme-là, dans ce métissage-là se trouve la base de l'échange qui est fait d’écoute et de compréhension de l'autre. Là où personne ne renie sa propre personnalité musicale mais où chacun avance vers l'autre. Et au milieu, point d'union irréductible, la musique vécue passionnément et le groove aimanté qui attire et réunit ( Exil).
Dans cet exercice à géométrie variable, entre deux rives, on est stupéfaits par la densité du jeu de la saxophoniste. Quel son ! Mais quel son ! Qui survole et surpasse tout.
Qu'elle s'envole sur des mélismes orientaux ( Fleurette  Egyptienne comme une charmeuse
de serpents) ou sur une forme jazzistique plus classique ( Joy, véritable démonstration de lyrisme et de placement rythmique avec encore une fois cette maîtrise absolue du son - on pense d’ailleurs au regretté Joe Henderson) ou qu’elle jette des ponts, s'appropriant une autre  culture, la saxophoniste nous bluffe ( Sophie Alour se fait aussi conteuse des mille et une nuits à la flûte sur un charmant  Songe en forme de fougère).
Là où la saxophoniste épatait par sa maîtrise technique mais finalement ne faisait qu’épater elle ajoute aujourd'hui un supplément d'âme. Touche en plein dans le mille.
Et sur un autre songe c'est l'incandescence orientale proche de la transe portée par l'incroyable Wassim Halal a la derbouka et par le moins flamboyant Mohamed Abozekry qui met le feu à la fête ( Songe en forme de palmiers), les deux autres héros de l’aventure métissée.
Oui il y a de la joie dans cet album !
La joie de la communion retrouvée et d'une amitié partagée... par delà les frontières.
Jean-Marc Gelin

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commentaires

C
"Joy" c'est quand même un alignement des clichés rythmiques et harmoniques de l'époque au sax, rien de vraiment nouveau ! Quant à la puissance et au son, rien ne me semble vraiment renouvelé, ici, par rapport aux Ben Webster, Johnny Griffin (ses versions live de "Isfahan", très beau thème signé B. Strayhorn !) Steve Grossman et autres allumés du ténor (les deux derniers cités pour un clin d'oeil aux noctambules qui eurent la JOIE de les écouter dans les clubs parisiens, P'tit Op' et Sunset d'avant le sunside....) ! <br /> Bien cordialement, SCarini.
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