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10 mai 2020 7 10 /05 /mai /2020 16:27

GREGOIRE MARET : «  AMERICANA »
Act 2020

Grégoire Maret (hmca), Romain Colin (p), Bill Frisell (p)

L’homme des hautes plaines.
Comme tout harmoniciste, on suppose que Grégoire Maret a dû beaucoup écouter de blues mais aussi de ces westerns des années 50 où les hommes, tout en bivouaquant bercent la nuit au coin du feu au son de l’harmonica que l’un d’eux sort négligemment de sa poche.
C’est ainsi une ballade dans l’Amérique des hautes plaines que nous propose l’harmoniciste. Une sorte de long travelling sur des paysages imaginaires où l’on imagine les blés qui dansent au vent, l’éolienne qui tourne seule au milieu d’une ferme abandonnée dans un paysage désert et le rocking chair qui se balance à la tombée de la nuit.
Grégoire Maret, qui jadis accompagnait Pat Metheny ou Herbie Hancock, affiche ici son goût pour les mélodies simples et fait chanter son harmonica avec douceur et un brin de nostalgie dans ces airs un peu tristes et émouvants. Rien à faire qu’à en faire moins. Se laisser porter par une sorte de douce mélancolie. Less is more.
Pour s’embarquer sur cette sorte de road movie en terres américaines, qui de mieux que l’immense Bill Frisell, qui dans le bleuté de ses harmonies porte toute la culture folk de cette Amérique des terres sauvages. Album après album , Bill Frisell fait résonner ce son de l’Amérique profonde. Il s’est fait le maître de ces sonorités amples et bleutés et ancrée dans cette culture country. Le guitariste contribue en apportant deux très belles compositions (Small town et Rain, rain) alors que de manière inattendue, le trio revisite le Brother in arms de Mark Knopfler ( Dire Straits) rendu à l’essentiel et porté par les harmoniques du génial pianiste Romain Collin. Émotion assurée ( de quoi aussi redécouvrir la très belle version originale). Le pianiste signe aussi San Luis Obispo où Bill Frisell jouant dans les graves de sa guitare nous embarque dans la musique country débarrassée de toute vulgarité mais enveloppée d’une sorte de langueur lascive.
Chaque morceau de cet album convoque l’imaginaire, invite à cette rêverie américaine que d’aucuns jugeront peut-être de carte postale mais qui, sépia et pastel à la fois nous a simplement enchanté et, dans ce monde dur et inquiétant, un peu rassuré et pour tout dire, beaucoup touché.
Jean-Marc Gelin

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