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16 mai 2020 6 16 /05 /mai /2020 10:42
REMI GAUDILLAT SEXTET                 ELECTRIC EXTENSION

REMI GAUDILLAT SEXTET

 

ELECTRIC EXTENSION

Premier Double Album

Label Z PRODUCTION www.zproduction.org

INOUÏE DISTRIBUTION

www.remigaudillat.com

https://www.remigaudillat.com/sextet

https://youtu.be/iuqf-XBNFMU

 

 

Une séduction immédiate, envoûtante et durable dès le premier thème qui ouvre justement l’album “Envol”. A mesure qu’enfle le volume sonore, on entre dans les terres d’ un jazz électrifié, proche du rock, d’un rock progressif même ( la pochette magnifique évoque ces paysages lunaires, irréels des maquettes de Roger Dean qui illustra les albums de YES). Rien de très surprenant puisque le trompettiste/bugliste leader Rémi Gaudillat s’est interessé à Syd Barret dans I-overdrive trio et sur une commande de Daniel Yvinek s’est attaqué aux chansons de la popstar David Bowie avec Possible(s) quartet.

Ils sont six dont 4 soufflants aux couleurs orchestrales et timbres précieux qui pratiquent un jazz chambré à l’alambic en“improfreesateurs”, rompus à la pratique de l’écriture contrapuntique et à l’improvisation. Le souhait de ce quartet de souffleurs atypique (sans saxophone) (deux trompette/bugle, une clarinette basse et un trombone ) est de sonner comme un orchestre de chambre, non à cordes mais à vent. Une fanfare de chambre poétique... en somme! Une magnifique alliance de souffles croisés qui survolent l’ensemble soutenu par une solide et puissante rythmique de guitares enflammées ( superbe solo sur “electric extension”, titre éponyme de l’album ).

Le jeu du sextet ainsi formé est bluffant, réunissant émotion, intensité et fluidité.Une inaltérable énergie, vite communicative, court sur les 8 titres amplement développés pour nous embarquer dans le voyage intérieur du leader Rémi Gaudillat qui a composé et écrit les arrangements avec chorus, soli foisonnants sans oublier des impros travaillées.

Ça déménage en de furieuses montées dansantes, mais propose aussi un répit tout provisoire quand survient  une clarinette basse qui exhale un souffle mystique sur “du clair au sombre” ( encore des couleurs et des nuances comme sur la palette d’un peintre), d’ une force insolite à un chant mélancolique.

S’ils font toujours preuve de la même virtuosité formelle, l’énergie créatrice de cette musique se laisse transformer en une voluptueuse dynamique qui ouvre tout un champ de possibles. Le temps est comme suspendu dans certaines formes vives, ouvertes, avec des ambiances qui évoquent même le chant des baleines, comme si la musique était en connexion avec la nature et l’environnement!

Vers le derniers tiers de l’album, interviennent fort habilement des invités, les clarinettes élégantes et virevoltantes de Louis Sclavis sur “les illusions" magnifiques” et sur le final “derrière la buée” des cordes, celles du quatuor Seigle qui déposent leur plainte, une élégie douce que bercerait la mer qui se retire.

Voilà bien un album magnifique, une musique fervente assez idéale pour ces temps sombres et agités du (dé)confinement!

Sophie CHAMBON

 

 

 

 

 

 

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