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14 juin 2020 7 14 /06 /juin /2020 18:27

NDUDUZO MAKHATHINI : «  Modes of communication : letters from the underworlds »
Blue Note 2020

Nduduzo Makhathini (p, vc,), Logan Richardson (as), Linda Sikhakhane (ts), Ndabo Zulu (tp), Zwelakhe-Duma Bell Le Pere (cb), Ayanda Sikade (dms) Gontse Makhene (perc), Omugugu Makhathini, Nailah Makhathini, Thingo Makhathini, Moyo Makhathini,MXO (vc)

Attention : très grand disque sur la galaxie Blue Note que celui du jeune pianiste sud-africain Nduduzo Makhathini !!
S’il est des albums qui font figure d’œuvre parce que, vous ne savez pas trop ni comment ni pourquoi, tout y est réunit, celui-ci en fait assurément partie.
Le pianiste qui se mue surtout en arrangeur, en compositeur et meneur de troupe pourrait collectionner les superlatifs. Ceux-ci évoqueraient l’engagement collectif, l’intensité de groupe, l’énergie qui jamais ne faiblit au gré des 8 titres tous composés par Nduduzo Makhathini. Et s’il y a une force incroyable qui se dégage de cet album c’et aussi celui de la spiritualité qui s’en dégage, parfois chantée, parfois incantatoire porté par la puissance rauque d’un saxophoniste ténor exceptionnel, Linda Sikhakhane dont la puissance projetée s’élève au ciel comme une prière déchirée. Dans cet univers qui nous vient tout droit des faubourgs de Johanesburg, c’est curieusement un américain que nous aimons particulièrement, Logan Richardson qui à l’alto découpe lui aussi l’horizon avec tout autant de puissance que d’énergie vitale.
Renvoyant parfois à des évocations de chants rituels de son pays, Makhathini pour qui l’église a joué un rôle fondamental dans sa construction musicale et intellectuelle développe ici une musique ancrée et universelle à la fois.  Comme il le dit lui-même : «  j’ai toujours cherché à jouer une musique qui évoque la façon dont mon peuple danse, chante et parle »

Chez ce pianiste membre de l’enthousiasmante formation de Shabaka Hutchings and the Ancestors, la musique est au-delà de ses propres racines. Dans l’enracinement dans une autre forme de jazz, celui de John Coltrane (Umlotha, Isithunywa) d’Ornette Coleman parfois (Umyalez’o Phutumayo), de Mc Coy Tyner et enfin d’Abdullah Ibrahim  (Saziwa Nguwe). Parfois ellingtonnienne (On the other side), parfois tribale ( Shine), le musique de Nduduzo Makhatini brasse large.
Mais il y a autre chose que de la musique dans cet album. Il y a une certaine forme d’esprit collectif qui circule entre ses membres. Comme le flux vital qui traverserait une famille et l’unirait dans un but commun. C’est certainement la raison pour laquelle le pianiste a aussi convoqué aux backgrounds vocaux,outre sa propre femme et partenaire, l’ensemble de sa propre tribu. Affaire d’union de l’esprit au travers la musique.

Cette musique va à l’impact, au choc frontal. Il y a de la terre et du ciel dans cette musique-là. Il y a l’union des forces en présence, celle de ses acteurs formidablement impliqués.
Grande œuvre !
Jean-Marc Gelin

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