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1 juillet 2020 3 01 /07 /juillet /2020 23:15

Barney Wilen (saxophones ténor et soprano), Alain Jean-Marie (piano). En concert au Festival International de Montréal le 4 juillet 1993. Elemental Music/Distrijazz. Juin 2020. (Coffret de deux cds. Egalement disponible en vinyl -six titres-)


C’est toujours un bonheur de retrouver la grâce nonchalante de Barney Wilen. Son fils, Patrick, qui avait sorti voici deux ans des concerts inédits captés à Tokyo en 1991 (Live in Tokyo) nous propose aujourd’hui des enregistrements toujours en public effectués en 1993 à Montréal.  Après le quartet du Japon (Olivier Hutman, Gilles Naturel, Peter Gritz), voici le temps du duo avec le pianiste Alain Jean-Marie. Les deux musiciens s’appréciaient, s’écoutaient, ainsi qu’en témoignait déjà le concert de 1991 (Dreamtime-Harmonia Mundi), au festival de Cully (Suisse).


 « Avec Barney, on partageait le même goût pour la musique, à condition qu’elle soit simple, sobre et élégante qu’elle swingue et qu’elle émeuve aussi », témoigne dans le livret de Montreal Duets le pianiste auprès de Pascal Anquetil. Les deux concerts captés le même soir dans le club montréalais, le Church of the Gésu, salle intimiste, offrent une éclatante illustration de cette complicité. Sur la même longueur d’ondes, Barney et Alain se baladent avec décontraction. Le répertoire leur est familier : Round Midnight, A Night in Tunisia, All the Things You Are, No Problem, My Funny Valentine, Besame Mucho et cet air qui achevait souvent les concerts de Barney, Goodbye de Gordon Jenkins.


Alternant le ténor et le soprano, Barney Wilen, tout à la joie de ce premier concert sur une scène québécoise, semble effectuer un retour aux sources, celles du be-bop, tout en réaffirmant sa filiation avec la distinction de Lester Young. En ce sens, cet enregistrement de Montréal constitue un témoignage rare, comme un testament de ce jeune prodige (Prix Django Reinhardt de l’Académie du Jazz à 21 ans), devenu une légende quelque peu mystérieuse, qui disparaîtra moins de trois années plus tard, le 25 mai 1996, à 59 ans.


Jean-Louis Lemarchand

 

©photo Jean-Michel Sordello et Denis Alex, FIJM.

 

 

 

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