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31 octobre 2020 6 31 /10 /octobre /2020 12:11

1,2,3,4! Philippe Milanta, Thomas Bramerie, Leon Parker, Lukmil Perez.
enregistré par Julien Bassères au Studio de Meudon, (juillet 2020).
Camille Productions - MS072020CD.
Sortie le 7 novembre 2020.
www.camille-productions.com

 

Cela fait plus de quarante ans que Philippe Milanta remet sans cesse sur le métier son art de nous raconter des histoires, en trio ou au piano d’un Big Band (celui du Duke Orchestra de Laurent Mignard), aux côtés d’un Guy Lafitte, d’un Gérard Badini ou d’un Glenn Ferris, et de tant d’autres, de Buster Cooper à Teddy Edwards, ou encore de Barney Kessel à Lew Tabackin, André Villéger... Quarante ans que tel un diamant longtemps et amoureusement poli, sa musique brille de toutes les facettes dont il veut bien nous dévoiler les nuances.

 

Nous avions souligné et apprécié les qualités de ses trois derniers disques*.
Dans ce nouvel album, il continue à surprendre et à captiver l’attention à chaque instant, alternant compositions originales et standards dans un crescendo continu, du solo au trio, du duo au quartet, avec Thomas Bramerie (contrebasse), Leon Parker et Lukmil Perez (batteries), trois complices qui participent du gratin des musiciens que l’on peut admirer sur les scènes du pays, du moins quand la triste conjoncture actuelle nous le permet.

Il faut entrer dans ce phonogramme comme dans un château Renaissance ou une maison d’architecte, où la part belle serait laissée au trio, (pas moins de huit titres dont deux standards, ‘Cotton Tail’ de Duke Ellington et ‘Hackensack’ de Thelonious Monk), qui occuperait le salon et les pièces principales, mais où, de couloirs en escaliers dérobés, on pourrait accéder à de surprenantes alcôves réservées aux pièces en piano solo (quatre occurrences), ou aux duos, piano-contrebasse (‘Palaqwa’) et piano-batterie (‘Tolana’)…avec un petit béguin particulier pour les unissons contrebasse-piano et la belle osmose atteinte par les quatre musiciens sur la seule pièce jouée tout en finesse en quartet, la ballade  ‘Manomena’.

Une clef, dévoilée par le pianiste pour comprendre l’origine d’une partie des titres de son album : « les travaux du linguiste Merritt Ruhlen sur sa recherche d’une langue originelle commune à tous les êtres humains m’ont fortement impressionné. Certains mots qu’il dégage de ses recherches (Aq’wa = eau, Buka = coude, Mano = homme, Mena = penser, Pal = deux, Aja = mère), m’ont inspiré pour quatre compositions : Aqwabuca, Manomena, Palaqwa, Menaaja ».

 

Un jalon certainement important sur la trajectoire d’un artiste de premier plan.

 

Francis Capeau.

 

*For Duke And Paul (CD en duo avec André Villéger, 2015, Camille Productions)

 

*Strictly Strayhorn (CD en trio avec André Villéger et Thomas Bramerie, 2016, Camille Productions).

 

*Wash (CD en piano solo, 2018, Camille Productions).


©photo Carlotta Forsberg, Zoe Forget, Julien Bassères et Patrick Martineau

 

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