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2 octobre 2020 5 02 /10 /octobre /2020 08:09

Joshua Redman : " Round again"
Nonesuch record 2020

Joshua Redman (ts,ss); Brad Mehldau (p); Christian Mc Bride (cb); Brian Blade (dms)

A quoi s'attendre de mauvais lorsque sont réunis parmi les plus géniaux de la scène jazz actuelle. Pensez, Joshua Redman aux saxs, Brad Mheldau au piano, Christian Mc Bride à la contrebasse et Brian Blade à la batterie pour un quartet 100% accoustique !
Ces quatre-là se connaissent sur le bout des doigts et depuis pas mal de temps. Autant dire qu'il ne leur faut pas longtemps pour se trouver, pour jouer sur les mêmes cordes sensibles et trouver la direction d'un groove aussi subtil que spontané.
On ne va pas parler de chacun des musiciens. Ils sont tous au sommet de leur art et chacun dans une forme de respect de l'autre. Joshua Redman qu'il soit au sax tenor ou soprano survole les débats avec un sens inouï de la ligne mélodique dont il se joue avec une agilité hors du commun. Il faut entendre comment il accélère le tempo sur Moe Honk comme peu d'autres que lui peuvent le faire. Prodige. Étourdissant !!
Mention spéciale aussi pour Brad Mehldau qui met son intelligence de jeu au sens du collectif. Tous les deux se rencontrent sur leur amour des mélodies presque chantantes entre jazz, pop et blues.
Quand à la rythmique, il n'y a pas grand monde pour les surpasser aujourd'hui. Elle est là pour la maîtrise du groove et assurer à ce quartet un son et une cohésion sans faille.
On touche au grand art comme sur ce Silly Love Song.
Après, dire que la musique jouée soulève une grande vague d'enthousiasme, il y a un pas que personnellement j'ai un peu de mal à franchir.
Une fois passé le fait que ça joue terrible (c'est le moins que l'on puisse dire), on reste un peu sur sa faim. Serait-ce dû à un climax qui semble hesiter entre une tradition hard bop et un jazz plus moderne sans veritablement trancher ? Peut-être un peu trop sage parfois. Comme s'il fallait trouver une base commune surtout axée sur les lignes melodiques.
Mais qu'importe il reste l'ancrage dans cette forme de jazz qui puise aux traditions essentielles pour les détourner en un jazz actuel bourré d'energie vitale.
Et au final on reste ébahis par ce quartet de folie qui redonne au jazz des couleurs essentielles. Celles qui nous font vibrer sur chacun de ces morceaux.
Et il faut bien le dire, nous amène à tutoyer les sommets.
Jean-Marc Gelin

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